L'éditorial de l' Alsace Chômage : le plus dur reste à faire

Publié dans le panorama le Vendredi 14 février 2020 à 06:28:15

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L'éditorial de l' Alsace Chômage : le plus dur reste à faire
 

 
Photo L'Alsace /Thierry GACHON
Laurent Bodin

Alors qu'une partie de la France manifeste, depuis deux mois et demi, contre le projet de réforme des retraites, voilà un rayon de soleil aussi inattendu que plaisant. La diminution de 0,7 % du chômage en 2019, selon les normes du Bureau international du travail, est évidemment une très bonne nouvelle. Tout triomphalisme serait cependant déplacé dans la mesure où le taux de chômage, en métropole, s'établit encore à 7,9 % de la population active et même à 8,1 % en incluant les départements et territoires d'outre-mer. De plus, de grosses disparités demeurent entre les bassins d'emploi. Pour le seul cas alsacien, le Bas-Rhin est en pointe avec un taux de chômage de 7,3 % quand le Haut-Rhin est à 8,2 %. Plus grave encore, ces déséquilibres géographiques en matière d'emploi ne correspondent pas à la carte de France qu'avait dessinée le mouvement des gilets jaunes il y a un an. Cela ne rendra que plus complexe la tâche du gouvernement de descendre sous la barre des 7 %, voire d'atteindre le plein-emploi, autour de 5 %, après 2022. Celui-ci est-il réalisable alors que la France souffre d'une inadéquation durable entre l'offre et la demande, entre besoins de recrutement des entreprises et formation des chômeurs ?

La baisse du chômage est due aux mesures prises depuis l'élection d'Emmanuel Macron mais aussi aux décisions actées durant le quinquennat de François Hollande, notamment la loi El Khomri. Elle résulte aussi d'un mécanisme conjoncturel, en l'occurrence les départs à la retraite des baby-boomers qui impliquent de moindres créations d'emplois pour faire diminuer le chômage. Sauf à risquer d'accroître le nombre des Français qui sortent des statistiques de l'emploi pour entrer dans la grande pauvreté, la baisse du chômage ne saurait cependant être durable et utile si la croissance devait demeurer aussi faible. Un élément sur lequel l'exécutif a quelques marges de manoeuvre mais ne dispose pas de tous les leviers, sauf à accepter de faire filer des déficits qu'il faudra bien éponger un jour.