social  Grève des avocats « Pour les magistrats,c'est la double peine »

Publié dans le panorama le Vendredi 14 février 2020 à 06:09:15

© Dna, Vendredi le 14 Février 2020
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

social  Grève des avocats
« Pour les magistrats,c'est la double peine »
 

 
« Pour les magistrats, c'est la double peine, dénonce Jean-François Assal, on ne peut plus travailler et quand il faudra déstocker, on va devoir non plus travailler 60 heures par semaine mais 80, on était déjà à flux tendu avant cette grève ». Délégué régional adjoint de l'Union syndicale des magistrats de la cour d'appel de Colmar, le juge d'instruction parle d'une « situation intenable », la grève des avocats entrant dans sa sixième semaine.

L'USM décrit des greffes aux effectifs « notoirement insuffisants », « au bord de l'implosion ». Des dizaines d'affaires ont été renvoyées à Colmar où le délai d'audiencement était plutôt court : « On va passer de deux à quatre mois, annonce M. Assal, mais dans d'autres juridictions, c'est largement pire, c'est un désastre ».
Surcharge des audiences

Le barreau de Colmar a assoupli son mouvement, les avocats intervenant dans les affaires mettant en jeu la liberté des justiciables. Mais il faudra bien réaudiencer les affaires renvoyées. De nouvelles audiences seront donc programmées, alourdissant le planning des magistrats, les audiences collégiales mobilisant un président et deux assesseurs.

« L'USM appelle donc les magistrats à refuser les audiences tardives et la création de nouvelles », précise le communiqué national. « Faute de moyens pour faire face au surcroît d'activité actuel, le syndicat rappelle que les magistrats ne sauraient être tenus responsables des dysfonctionnements qui ne manqueront pas de se produire ».

Face à la grève qui « aggrave considérablement les difficultés des juridictions au détriment des justiciables et de la qualité de la justice : augmentation du temps de traitement des affaires, surcharge des audiences, risque de remise en liberté de personnes dangereuses », l'USM demande au gouvernement de « prendre la mesure du désarroi de l'ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire et de trouver rapidement la voie d'une sortie de crise ».

A Colmar, les avocats ont prévu justement une action au palais de justice, pour rappeler que leur mouvement n'est pas dirigé contre les magistrats et les greffiers, une distribution de fleurs étant notamment prévue.