Kingersheim Conseil municipal L'ultime séance pour Jo Spiegel

Publié dans le panorama le Vendredi 14 février 2020 à 05:59:50

© Dna, Vendredi le 14 Février 2020
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Kingersheim Conseil municipal
L'ultime séance pour Jo Spiegel
L'ordre du jour léger de ce dernier conseil municipal de la mandature n'a pas empêché quelques échanges à fleurets mouchetés entre majorité et opposition. Mais la séance s'est achevée par un hommage émouvant au sortant et une standing-ovation où même l'opposition a applaudi, poliment.
 

 
Jo Spiegel a pris la parole en fin de séance pour remercier tous ceux qui ont oeuvré à ses côtés pour la ville.
Jo Spiegel ne fera pas le mandat de trop. Il n'est pas sorti non plus en cédant son siège de premier magistrat à son dauphin en cours de mandat, ce qui confère, du coup, une dimension plus solennelle à toute dernière séance de la mandature. Après plus de trente ans aux rênes de la Ville - auxquels il faut ajouter six ans dans l'opposition de 1983 à 1989 -, le maire de Kingersheim se retire à 68 ans. C'est Raymond Schmitt, porte-parole de la majorité municipale et compagnon de route longue date, qui a suscité une vraie émotion, en racontant avec sincérité et simplicité, toutes ces années d'engagement.

« Ces quelque 30 ans, je les ai kiffés grave », conclut-il dans une boutade pour tenter d'alléger l'atmosphère forcément chargée au terme d'une si longue aventure. « C'est un moment difficile pour moi, confie Raymond Schmitt. Je me souviens encore de nos premières réunions au mille-clubs, notre ambition de bouger notre ville... Kingersheim était une ville endormie, beaucoup de chemin a été parcouru... » Faisant le bilan de tous les équipements qui sont sortis de terre, dans le domaine sportif, culturel, patrimonial, solidaire, l'élu qui lui aussi, ne repart pas, rappelle que « tous ces équipements ne seraient rien sans les gens qui les animent [...] Kingersheim est une ville en accord avec son temps. Je me suis revu gamin, j'aurais aimé grandir et évolué dans une ville comme celle-là... On a travaillé pour les générations suivantes et j'ai le sentiment du travail accompli. »

Après le conseil, Jo Spiegel trinque avec Raymond Schmitt, compagnon de la toute première heure, aux côtés de Laurent Riche qui conduit la liste de la majorité sortante aux prochaines élections. Photo L'Alsace /F.M.

D'autres élus ont pris la parole pour exprimer leur reconnaissance, avant que le maire sortant n'exprime à son tour ce qui l'a animé pendant toutes ces années. « Au début, à mon premier mandat, j'avais les dents qui raclaient le plancher, j'ai cumulé, voulu être conseiller général, conseiller régional... J'ai évolué. Et depuis longtemps j'ai vu venir la crise démocratique. La légitimité d'une décision n'est pas liée à qui la prend mais comment elle est prise [...]. Je pars serein pour une autre tranche de vie. Je peux vous dire que dans mon cheminement personnel, j'ai réussi à perdre toutes mes certitudes mais j'ai gardé des convictions. Il faut relier démocratie et exigence, démocratie et transformation. On n'est pas là pour réparer les trottoirs, même si c'est important, on est là avant tout pour humaniser la société, ici et maintenant. Et pour cela, mon modèle n'est pas la révolution ni la réforme, mais la métamorphose, le concept d'Edgar Morin, la métamorphose, c'est la révolution sans la violence... »

Après cette ultime déclaration, Jo Spiegel a été longuement applaudi par une assemblée debout, visiblement aussi émue que lui.
Frédérique MEICHLER