Environnement  Alpes Macron au pied du Mont-Blanc face à l'urgence climatique

Publié dans le panorama le Vendredi 14 février 2020 à 05:43:49

© Dna, Vendredi le 14 Février 2020
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Environnement  Alpes
Macron au pied du Mont-Blanc face à l'urgence climatique
Avec son déplacement de deux jours au pied du mont Blanc dans les Alpes, Emmanuel Macron souhaite faire de l'écologie une des deux priorités de sa fin de quinquennat, sans pour autant annoncer de nouvelles mesures en faveur du climat.
 

 
Emmanuel Macron face à la mer de Glace. Le glacier a perdu 120 mètres d'épaisseur en un siècle.
Emmanuel Macron est venu ce jeudi dans le massif du Mont-Blanc « toucher du doigt » les effets dévastateurs du changement climatique. Une visite symbolique censée amorcer le virage écologique de son quinquennat, mais dépourvue d'annonce nouvelle.
Visite de la mer de Glace

Au petit matin, le président de la République a longuement parcouru la mer de Glace. En tenue de ski bleu foncé, il a écouté le terrible inventaire climatique : la glace recule de huit à dix mètres par an, environ deux kilomètres depuis 1850. Le glacier a perdu 120 mètres d'épaisseur en un siècle. L'illustration la plus spectaculaire de l'impact du réchauffement en France.

Devant l'alternance de roches grises et de glace vive bleutée, Emmanuel Macron lâche : « Je n'imaginais pas une fonte aussi rapide, c'est impressionnant. On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là ».
L'urgence climatique

En fin de matinée, il a prononcé à Chamonix un discours ardent sur « l'urgence » climatique, « le combat du siècle » selon lui. Il a confié avoir ici ressenti « notre propre vulnérabilité, la fragilité de ce paysage qu'on pensait inamovible ».

Sans annonce nouvelle, il a dressé le tableau d'actions qu'il a liées aux objectifs écologiques, citant la revitalisation des centres-villes pour lutter contre l'étalement urbain, la loi sur le recyclage ou encore la création de nouveaux parcs naturels, y compris pour protéger le Mont-Blanc.
La biodiversité, l'autre combat

Dans son discours, il a estimé que le « combat pour la biodiversité est indissociable de la lutte contre le réchauffement ». Quelque « 60 % des animaux sauvages ont disparu ces cinquante dernières années, les espèces disparaissent à un rythme mille fois supérieur au taux d'extinction naturelle », a rappelé le chef de l'État qui lançait pour l'occasion l'Office français de la biodiversité (OFB). L'OFB « va porter les politiques totales de la nature », de façon « ferme et pédagogique ».
« Pas à la hauteur des enjeux »

« Venir pleurer devant la mer de Glace alors que les accords des conférences climat ne sont pas respectés et que les émissions de gaz à effet de serre augmentent, c'est de la parade, c'est de la com'», tançait, dans un cortège réuni avant l'arrivée du président dans un village, Pierre Delpy, conseiller en énergie dans une association.

Arnaud Gauffier, directeur des programmes au WWF, a salué ce déplacement sur « des symboles du réchauffement », mais « regretté (que) les annonces ne soient pas à la hauteur des enjeux ».

« Ce qui fait disparaître les glaciers, c'est le réchauffement climatique, si ça ne s'assortit pas d'une politique ambitieuse de réduction des émissions ça ne sert à rien, et dans ce domaine on n'est pas du tout dans les clous », a-t-il déploré.

La veille, Greenpeace avait déjà déploré que le « gouvernement se contente de mesures insuffisantes et anecdotiques, mélange de réchauffé et de fausses solutions comme le nucléaire », accusant le président de « tomber dans la caricature avec une vaste opération de communication pour verdir son image avant les municipales ».