RD83 Sortie de route pour le barreau sud

Publié dans le panorama le Mardi 14 janvier 2020 à 06:05:19

© L'alsace, Mardi le 14 Janvier 2020
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RD83  Sortie de route pour le barreau sud
 

 
En 2005, la Direction départementale de l'équipement (DDE) avait déjà étudié deux tracés dont aucun ne donnait satisfaction car ils traversaient soient des zones inondables et des secteurs naturels remarquables, soit des zones de maraîchage. DR
C'est la fin d'un serpent de mer vieux de 25 ans : depuis les années 90, le projet ressort à chaque élection comme la panacée pour soulager les problèmes de trafic est-ouest dans les quartiers sud de Colmar (axe Semm-Fribourg-Clemenceau-Poincaré).
«Pas d'améliorationtout en pénalisant l'environnement»

Le principe consiste à relier la RD83, au niveau du carrefour des Oignons aux Erlen (à l'est de l'usine Ricoh) jusqu'à l'A35 au niveau du Fronholz, pour délester Colmar intra-muros du trafic de transit est-ouest et boucler une sorte de périphérique autour de la ville, incluant le contournement ouest, l'autoroute à l'est et l'avenue Rey au nord.

Cette fois, le projet semble définitivement enterré. Gilbert Meyer l'a annoncé hier lors de ses voeux au personnel de Colmar Agglomération : « Les pré-études de faisabilité, finalisées en décembre 2019, montrent que le barreau sud n'apporte pas d'amélioration tout en pénalisant l'environnement. Il y a donc lieu de trouver une solution alternative », indique le maire-président de l'agglo.

Fin 2016, le même Gilbert Meyer avait obtenu à l'arraché un co-financement pour ces études via un avenant au Contrat de plan État-Région 2015-2020. Le coût, 500 000 EUR, était à partager entre la Région (50 %), la Ville et Colmar Agglo (25 % chacune). C'est la deuxième fois que le projet était inscrit au contrat de plan Etat-Région, après une première tentative en 2000-2006, qui avait déjà avorté au stade des études.
Trois tracés étudiés

En 2005, la Direction départementale de l'équipement (DDE) avait déjà étudié deux tracés dont aucun ne donnait satisfaction car ils traversaient soient des zones inondables et des secteurs naturels remarquables, soit des zones de maraîchage. DR

Au nom du contexte électoral, Gilbert Meyer ne s'étend pas sur les conclusions de cette nouvelle étude. Tout au plus lâche-t-il que trois tracés ont été étudiés, « à peu près les mêmes qu'en 2005 », quand une première étude avant été menée par la Direction départementale de l'Équipement. Comme en 2005, aucun ne donnerait vraiment satisfaction. Les obstacles sont toujours les mêmes : zones maraîchères, zones inondables, et surtout une zone humide remarquable au sud du canal de la Lauch et de la Thur. D'après le maire, un tracé aurait éventuellement pu convenir « mais il ne soulagerait pas la circulation est-ouest, seulement en partie le trafic nord-sud ».

Cet écueil n'est pas vraiment nouveau. Dès 1996, une étude du Centre d'études techniques de l'Équipement concluait qu'un éventuel barreau sud aurait surtout un impact sur le trafic nord-sud : - 30 % au carrefour des Casernes, - 5 % route de Strasbourg, - 20 % route de Rouffach, professait le document. L'étude de 2005, elle, tablait sur l'absorption par le barreau sud de 16 000 véhicules par jour, voire 19 000 en version 2x2 voies, permettant de délester... la rocade ouest de 4 000 véhicules par jour.

Selon nos informations, la dernière étude évoque une économie d'à peine quelques milliers de véhicules/jour sur l'axe est-ouest, sachant que l'axe Semm-Fribourg-Clemenceau-Poincaré supporte entre 15 et 20 000 véhicules/jour, selon les comptages. Au bout de 25 ans, on se rend compte que le transit est-ouest est moins important que prévu. Et que l'essentiel du trafic qui sature Colmar aux heures de pointe provient des trajets pendulaires domicile-travail vers Colmar, qui concentre les emplois.
Clément TONNOT