social  Réforme et contestation Retraites : Matignon exige des résultats

Publié dans le panorama le Mardi 14 janvier 2020 à 05:58:02

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social  Réforme et contestation
Retraites : Matignon exige des résultats
La fin provisoire de l'âge pivot ne signe pas la fin des grèves. Mais à Matignon, on veut croire que les syndicats prendront leurs responsabilités et trouveront une alternative à l'age pivot pour garantir l'équilibre du système actuel. Une équationà plusieurs inconnues.
 

 
Édouard Philippe ce dimanche avant son intervention sur France 2.
« Tout le monde a fait un petit bougé. » L'expression de l'entourage du Premier ministre pour expliquer le compromis présenté samedi et la situation à 40 jours de grève, décrit une avancée.

« Un pas en avant », dit même Édouard Philippe quand on lui demande s'il a le sentiment d'avoir fait un pas en arrière en acceptant de retirer l'âge pivot dans le projet de loi sur les retraites qui sera présenté fin janvier au conseil des ministres.
On est dans un entre-deux

Dans les faits, on est plutôt dans un entre-deux où syndicats et gouvernement se jaugent. La CFDT reconnaît par la voix de son leader Laurent Berger qu'on est loin d'être à la fin de l'histoire. Et les syndicats opposés au projet de réforme comme la CGT, appellent à multiplier les blocages.

La journée de mobilisation de jeudi sera à cet égard très scrutée : ce sera la sixième depuis décembre et l'affluence dans les cortèges baisse, même si elle reste importante.

À Matignon, Édouard Philippe se dit confiant en la capacité des syndicats à qui il a donné jusqu'à fin avril pour trouver des solutions alternatives afin que le régime parvienne à l'équilibre en 2027.
À la recherchede 12 milliards par an

Le chemin pour trouver l'équilibre, soit 12 milliards par an, est pourtant étroit. Car Édouard Philippe a imposé le cadre de la conférence de financement : pas question de baisser les pensions et pas question non plus de toucher à la compétitivité des entreprises, donc aux cotisations sociales et patronales.

Pour autant, il balaye l'idée que la négociation aboutira dans une impasse comme celle sur l'assurance chômage. « La confiance est une denrée rare, reconnaît-il en privé. C'est pour cela que le compromis a une valeur. »
Vers la fin de la grève ?

Va-t-on pour autant vers la fin de la grève ? Le patron de la CFDT Laurent Berger a sans doute prononcé le mot « victoire » un peu tôt après le retrait temporaire de l'âge pivot. Car du côté du gouvernement, l'agenda reste le même : présentation au conseil des ministres le 24 janvier et examen par le Parlement dès février pour une adoption avant l'été.

Restent des questions : tous les syndicats négocieront-ils pour l'équilibre financier de la retraite ? Ceux qui ne veulent pas d'un système universel (CGT) ou à points (FO) laissent planer le doute.
La fermeté demeure

Édouard Philippe nous a confirmé ce lundi à Matignon que la réforme irait à son terme : « Les conditions de transition sont respectueuses du pacte social. On est assez ferme là dessus. Je ne vois pas pourquoi le conducteur de bus du Havre aurait des conditions différentes de celui de Paris », renchérit le Premier ministre, allusion à la grève dure de la RATP.

Il sait que la grève ne s'arrêtera pas en un jour, mais il dénonce l'impasse dans laquelle ceux qui encouragent le mouvement mènent les grévistes.

« Concentré et très convaincu » selon ses termes, le Premier ministre prendra des mesures par ordonnances si la négociation n'aboutit pas. La pression continue...
Nathalie MAURET