APAMAD « Personne ne veut être auxiliaire de vie ! »

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 06:18:48

© L'alsace, Mercredi le 09 Octobre 2019
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APAMAD « Personne ne veut être auxiliaire de vie ! »
 

 
Une manifestation des auxiliaires de vie avait lieu ce mardi matin devant l'Apamad à Mulhouse.

Photo L'Alsace /Isabelle LAINÉ

Ils étaient une cinquantaine mardi matin devant les locaux de l'Apamad à Mulhouse. Sous les bannières de la CGT, de la CFTC ou de Sud, tous avaient le même discours. « On parle surtout des Ehpad, mais nous aussi, les auxiliaires de vie qui intervenons à domicile, sommes de plus en plus stressés et épuisés », expliquent Anne-Marie Nemeth, de la CGT, et Christine Bigot, de la CFTC. « Il n'y a plus le côté humain. On ne parle que de sous. On rabote le temps que nous passons avec les personnes. Nous n'avons que 30 minutes pour la toilette, le nettoyage qui suit, le repas... on est multitâches. »

Dans le Haut-Rhin, l'Apamad, tous métiers confondus, emploie 1300 personnes. « Nous faisons un beau métier », ajoutent les deux auxiliaires de vie. « Mais avec le salaire bas et les conditions de travail, plus personne ne veut le faire. » Les professionnelles qui se déplacent à domicile utilisent très souvent leur propre véhicule en étant indemnisées à 0,38 cts le kilomètre. « L'indemnité est normalement de 0,35 cts mais le chiffre a été augmenté pour 2019. Nous ne savons pas si ça sera la même chose en 2020. » Et c'est seulement depuis peu que les déplacements sont également rémunérés.
« Nous devons nous battre ensemble »

Les personnels de bureau étaient eux aussi représentés lors de la manifestation. « Il y a une grosse surcharge de travail, due notamment aux problèmes de recrutement », note Sylvie Perod, de Sud. « Nous devons toujours accepter les nouveaux clients. On ne peut pas refuser, malgré les problèmes d'absentéisme et de sous-effectif. »

Directeur général du réseau, Pierre Kammerer est venu à la rencontre des grévistes. « Les auxiliaires de vie font un beau métier. Je voulais leur rendre hommage. Certains ont choisi d'assurer le service et auraient pu être présents pendant la manifestation. Le métier a une valeur sociale énorme. Un bon accompagnement des personnes dépendantes permet aussi d'avoir moins de problèmes dans les autres structures, comme par exemple aux urgences. Le métier devrait être plus valorisé. C'est aussi le souci de la direction mais nous devons faire avec des moyens limités issus des pouvoirs publics. »

L'Apamad a néanmoins travaillé sur l'organisation du temps de travail pour réduire les amplitudes et ainsi permettre aux personnels de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée. « Le travail est organisé en demi-journée », précise Pierre Kammerer. Il ajoute : « Le métier d'auxiliaire de vie est un métier d'avenir qui doit être reconnu socialement. Nous devons nous battre ensemble pour avoir davantage de moyens. »
Isabelle LAINÉ