Logelheim La Fête du potiron annulée : grosse fatigue des bénévoles

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 06:16:15

© L'alsace, Mercredi le 09 Octobre 2019
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Logelheim La Fête du potiron annulée : grosse fatigue des bénévoles
 

 
Un décor lors de la 15e édition de la Fête du potiron, en octobre 2011. Archives L'Alsace /JD Kientz
« La décision a été prise démocratiquement, après discussion entre représentants des associations », précise Jean-Maurice Haen, président de l'AFL (Association des fêtes de Logelheim) et chef d'orchestre d'une fête populaire attendue par des milliers de personnes. En 2017, l'année de l'instauration de l'entrée payante (pour financer le dispositif de sécurité), pas moins de 20 000 personnes avaient dégainé leur portefeuille pour découvrir dans les rues et leurs recoins l'immense travail des bénévoles. La commune de moins de 1000 habitants se transformait en l'espace de deux jours en une capitale de la créativité, de la décoration, de la plus classique à la plus extraordinairement délirante ; un festival féerique de couleurs et d'idées jamais égalé dans le département en 20 ans d'existence (la fête a été créée en 1997).
Décision prise en mars

Dès le printemps, lors d'une réunion de bureau de l'AFL (regroupant des représentants de la dizaine d'associations locales), le couperet est tombé : la fête ne figurera pas au calendrier de la Ronde des fêtes, bien que ce rendez-vous soit devenu une biennale à partir de 2011, les capitaines des associations et leur garde rapprochée n'ont pas trouvé, semble-t-il, les ressources nécessaires pour la maintenir... « Il y a de l'usure », concède M. Haen qui parle de bénévoles désirant « un peu de repos ». Personne ne leur jettera le potiron, tant la tâche est immense, les mois précédant l'avant-dernier week-end d'octobre ; sans parler de la constance nécessaire durant 20 années...
Des recettes en moins

Pas moins de 60 tonnes de cucurbitacées, essentiellement des potirons, sont cultivées sur un hectare de champs, « libérés » aimablement par des exploitants agricoles. « Il faut semer, biner en été et les récolter », rappelle le président de l'AFL qui ne cache pas sa déception. Jean-Maurice Haen aurait apprécié le maintien, pas seulement parce que cette fête apporte un liant social extraordinaire au sein d'une petite commune excentrée ; c'est aussi une question de beurre dans les épinards pour les associations qui en tirent de substantifiques revenus.

« Les conséquences sur le financement des associations ne sont quand même pas neutres ; une bonne partie de leurs recettes provient de la Fête du potiron : les entrées, les boissons, etc. »

Le passage en 2011 à une fête organisée les années impairs avait permis de « remobiliser » les gens, mais cette impulsion nouvelle a fini par s'évaporer huit ans plus tard. « Il faut dire que l'on a du mal à renouveler les générations ; les bénévoles prennent de l'âge », analyse M. Haen, lui-même « jeune retraité » et président de l'AFL depuis 2016.

Du côté de la municipalité, l'éventualité de voir disparaître définitivement la plus grosse manifestation populaire de l'année ne semble pas effleurer le maire, Joseph Kammerer. « Elle va renaître de ses cendres », assure le premier magistrat qui se dit « confiant ». Une assemblée générale de l'AFL devrait se tenir courant novembre, nous dit Jean-Maurice Haen. « On va discuter pour savoir ce que l'on va faire. » Réponse dans un mois.
Jean Daniel KIENTZ