Internes : toujours l'incertitude

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 06:02:24

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Santé  Urgences de Mulhouse
Internes : toujours l'incertitude
Y aura-t-il des internes au prochain semestre aux urgences de l'hôpital Émile-Muller de Mulhouse ? Après un week-end et un début de semaine tendus entre les syndicats d'internes et l'Agence régionale de santé, la question restait toujours en suspens ce mardi soir.
 

 
Les soucis de personnel sont loin d'être réglés à l'hôpital Émile-Muller de Mulhouse, dont les urgences sont toujours en grêve.
Le doyen de la faculté de médecine de Strasbourg l'avait dit samedi. La mesure « exceptionnelle » annoncée ce jour-là ne « suffira pas ».

En plus de l'envoi de « troupes universitaires » aux urgences de l'hôpital Émile-Muller de Mulhouse « pour aider à assurer l'encadrement des internes », il « faudra trouver d'autres mesures » avant d'affecter de nouveaux internes dans le service mulhousien, amputé de plus des deux tiers de son effectif médical et dont les internes sont en arrêt maladie pour "burn-out". Les nouveaux internes doivent théoriquement arriver ce 1er novembre pour six mois (lire encadré).
Des affectations modifiées

Ce mardi matin, une réunion entre l'Agence régionale de santé (ARS) Grand Est - qui doit procéder aux affectations des internes dans les différents services hospitaliers de la région -, la direction et la Commission médicale d'établissement de l'hôpital, et les représentants des syndicats d'internes (le SAIHCS et le Sarra-IMG), s'est tenue à Mulhouse pour trouver des solutions supplémentaires permettant d'« assurer la sécurité des internes ».

Pendant les heures qui ont précédé cette réunion, la tension a été palpable entre les syndicats d'internes et l'ARS.

Dimanche en fin de soirée, Daria Gheorghe, présidente du Sarra-IMG, indiquait : « Nous venons d'apprendre que l'ARS vient de modifier les affectations d'internes prévues pour le service des urgences de Mulhouse. Elles ne correspondent plus à ce que nous avions décidé lors des trois réunions que nous avons eues ensemble, dont la dernière s'est déroulée le 24 septembre. »

Lundi matin, les deux syndicats d'internes publiaient une Lettre aux internes et un communiqué de presse commun. Dans celui-ci, ils indiquaient qu'« il y a une semaine, nous avions alerté de la situation catastrophique des internes laissés en "autonomie involontaire" au service des urgences de Mulhouse, ayant conduit à l'épuisement et à la mise en arrêt de travail des 17 internes du service [...]. Cette situation, gravissime au vu des témoignages récoltés, ne semble pas alarmer l'État. En effet, malgré nos avertissements, ce ne sont plus 10, mais bien 19 internes, dont 17 internes de premier semestre, que l'ARS souhaite envoyer dans ce service, sans qu'aucune solution pérenne et concrète ne se profile pour sécuriser leur accueil » (les internes de premier semestre sont des étudiants toujours en formation qui, après six années de faculté, sont envoyés pour la première fois sur le terrain en stage, NDLR). Ils expliquaient aussi que « cette décision a été prise de manière unilatérale par l'ARS ».
Un choix reporté à mercredi

Dans ce contexte, malgré l'annonce du doyen de la faculté de médecine et les propositions mises sur la table par l'ARS et la direction, le SAIHCS et le Sarra-IMG ont réaffirmé « ne pouvoir accepter la présence d'internes dans le service de Mulhouse » pour le prochain semestre et « avoir demandé aux différentes autorités compétentes la redistribution de ces postes dans d'autres services d'urgences de la région, en capacité de former les internes et d'assurer leur sécurité ainsi de celle des patients ».

Alors que, selon le calendrier de l'ARS, c'est ce lundi après-midi que devaient être affectés les internes pour la médecine d'urgence, ceux qui devaient être envoyés à Mulhouse « ont tous décidé de reporter leur choix à mercredi ».

La réunion d'hier n'a donc pas permis de débloquer la situation. Selon Daria Gheorghe et Lucas Gauer, le président du SAIHCS, « les solutions déjà évoquées par la direction ne permettent pas de résoudre le fond du problème. On ne demande pas des réunions hebdomadaires de soutien moral, ni à ce que les internes puissent joindre le directeur de garde pour trouver un autre médecin pour l'aider si le médecin urgentiste n'est pas disponible. Le problème de fond est de savoir combien de médecins titulaires seront effectivement présents à partir du 2 novembre, jour et nuit, disponibles pour aider les internes en difficulté », expliquent-ils.

La direction dit « qu'elle s'engage à embaucher des médecins, mais on ne sait pas combien et quand... », complètent-ils.
Cécile FELLMANN