L'A35 bloquée par 90 tracteurs pendant une demi-journée

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 05:59:08

© Dna, Mercredi le 09 Octobre 2019
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Roppenheim  Manifestation des agriculteurs
L'A35 bloquée par 90 tracteurs pendant une demi-journée
Une centaine de manifestants, répondant à l'appel à manifester de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) ce mardi, ont bloqué l'autoroute A35 au niveau de l'échangeur avec la départementale 4, du milieu de matinée jusqu'en début d'après-midi.
 

 
Le trafic de l'autoroute a été dévié vers la route départementale.
À Roppenheim, comme sur quatre autres sites du Bas-Rhin (voir article en pages Région), les agriculteurs ont choisi la route pour donner de la visibilité à leur mouvement. Près de 90 tracteurs en provenance de plusieurs cantons (Wissembourg, Bischwiller, Soultz, Seltz-Lauterbourg, Roppenheim) ont été positionnés dans la matinée pour bloquer l'autoroute. Un premier convoi, parti de Schaffhouse-sur-Moder, et un second, venu de Rountzenheim, ont d'abord mené une opération escargot en remontant l'A35. Puis ils ont fait jonction au niveau de l'échangeur avec la route départementale 4 en fin de matinée. Les voitures et camions circulant sur cet axe ont été contraints de prendre la sortie pour contourner le blocage.
Profession déconsidérée

« France, veux-tu encore de tes paysans ? », « Qui vous nourrit ? », « Non au CETA »... Les banderoles installées sur les tracteurs dévoilent des slogans variés. « On ne manifeste pas pour une chose bien précise aujourd'hui, explique Christophe Haas, membre du bureau des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. C'est surtout vraiment fait pour montrer le ras-le-bol des agriculteurs sur le terrain et arriver à les mobiliser pour peser dans les futures négociations. » De l'avis de tous, le projet d'arrêté sur les zones de non-traitement (ZNT), qui interdit l'utilisation de pesticides à proximité des habitations, a été « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ». Mais cette polémique ne fait que s'ajouter à une somme d'autres phénomènes qui, à leurs yeux, rendent l'équation insoluble pour la profession. En premier lieu, « l'agribashing », terme à la mode pour désigner une propension dans les médias et sur les réseaux sociaux à dénigrer le travail des exploitants agricoles : « Pour moi, c'est clairement du harcèlement moral que l'on subit, estime l'un des manifestants. Nous en sommes au point où nos enfants n'osent plus dire qu'ils sont fils d'agriculteurs à l'école. »
« Un message à faire passer »

Dans leur collimateur se trouvent également le gouvernement et les élus, accusés de vouloir transformer l'agriculture sans consulter les premiers concernés. Les traités de libre-échange signés, comme celui avec le Canada (le CETA), ou en cours de négociations, comme le Mercosur, leur font craindre une concurrence déloyale, les normes étant beaucoup plus restrictives dans l'Hexagone. « Il y a vraiment un message à faire passer : il faut informer les gens et leur rabâcher qu'ils ne peuvent pas faire sans nous, estime Christian Schneider, délégué FDSEA pour Seltz-Lauterbourg. Les agriculteurs sont capables d'évoluer, ils le font en permanence. » Vers 14 h 30, les banderoles et le barbecue ont été rangés, puis les agriculteurs sont remontés dans leurs tracteurs, qui ont repris le chemin de leurs exploitations respectives.
Eddie RABEYRIN