La santé fragile des Ehpad

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 05:44:17

© Dna, Mercredi le 09 Octobre 2019
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Seppois-le-Bas/Waldighoffen  Mobilisation
La santé fragile des Ehpad
Après les mouvements aux urgences, les Ehpad des résidences Heimelig se sont mobilisés pour faire entendre leur voix mardi après-midi à Seppois-le-Bas et Waldighoffen. La fièvre gagne tout le secteur. Soignants, syndicats et directeur d'établissement demandent plus de moyens financiers mais surtout humains.
 

 
Les personnels des résidences Heimelig ont tenu à manifester. Au menu des revendications : une valorisation des salaires et plus de moyens humains.
« Nous sommes en souffrance, nous manquons de personnel. Notre volonté, c'est d'offrir une qualité de soins à nos résidents mais c'est au détriment de la qualité de vie de nos salariés », confie Martine Vwanza, directrice des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Heimelig, à Seppois-le-Bas et Waldighoffen. Sur les deux sites, une vingtaine de salariés se sont mobilisés en brandissant des dizaines de cartons aux différents slogans : « SOS Ehpad en danger », « Personnel en souffrance, patients en danger », « Non-assistance à personnel en danger », « Ehpad en burn-out », etc.
Des salaires dévalorisants

Selon la directrice, la situation géographique des structures n'arrange pas la situation. « On est loin de Mulhouse, on a du mal à attirer les candidats ici. On bricole avec des intérimaires pour maintenir un établissement en cohérence avec nos valeurs et exigences, mais c'est frustrant et très épuisant. Nous n'arrivons plus à nous projeter. C'est l'incertitude du quotidien qui nous fragilise. » Manque de personnel, turn-over, manque de reconnaissance, manque de temps pour accomplir les nombreuses tâches, emploi du temps trop lourd : la liste des revendications n'est pas légère. Le personnel de l'Ehpad est épuisé et le crie haut et fort. À Seppois-le-Bas, le personnel est sorti dans la rue pour faire entendre ses revendications, place de la mairie.

Le personnel de la résidence Heimelig, Ehpad à Seppois-le-Bas, a manifesté mardi après-midi avec pancartes et slogans. Photo L'Alsace /Alice Herry

Séverine déplore le manque de moyens humains. Photo L'Alsace /Alice Herry

« Ceci est un appel au secours » ! Photo L'Alsace /Alice Herry

Certains salariés de l'équipe de Waldighoffen ont aussi voulu marquer le coup. Photo L'Alsace /Alice Herry

En tout, les deux maisons de retraite accueillent 140 résidents, gérés par 85 salariés. Clara Marino est l'une d'entre eux et travaille en Ehpad depuis sept ans. « Il y en a marre. On a du mal à recruter, on comble le manque d'effectifs avec des intérimaires. Les salaires ne vont pas attirer les volontaires. On a besoin de mains », estime la jeune femme.
« Notre secteur se dégrade de jour en jour »

Même son de cloche pour Rosa Basso, cadre infirmier du côté de Waldighoffen : « On demande une valorisation des salaires pour les agents de soin et les aides-soignantes. Beaucoup de jeunes changent de métier et laissent tomber leur vocation première. La situation est très préoccupante. Même les ambulanciers nous lâchent. »

Lucia Simon, agent de soin, travaille à Seppois-le-Bas et fait son travail correctement, mais son salaire lui pose des difficultés. « Ça fait cinq ans que je suis là et je gagne 1094 EUR par mois. On n'a pas le Smic national, c'est juste honteux et dégradant pour notre travail. On veut aider les résidents, on veut les accueillir dans des conditions idéales mais avec des salaires aussi bas, on n'y arrive pas. » Même si le projet de loi de financement prévoit une « intensification » des recrutements dans les Ehpad, pour les salariés, « ce n'est pas suffisant ».
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« Le gouvernement ne répond pas du tout à la grande souffrance des salariés, des résidents et des familles. Notre secteur se dégrade de jour en jour », raconte Marie-Christine Pelerin, aide-soignante et déléguée syndicale à la CFTC. Le mouvement risque de perdurer. Les urgences et les Ehpad vont certainement s'allier pour faire du bruit. Emmanuel Macron est prévenu !
Alice HERRY Découvrez notre reportage vidéo sur www.dna.fr

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