Macron appelle à « faire bloc » face au terrorisme

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 05:41:58

© Dna, Mercredi le 09 Octobre 2019
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Cérémonie Tuerie de la préfecture
Macron appelle à « faire bloc » face au terrorisme
Un hommage national a été organisé mardi, dans la cour de la préfecture de Paris, pour les quatre policiers tués le 3 octobre. Dans son allocution, le président a appelé la Nation à s'unir pour « venir à bout de l'hydre islamiste ».
 

 
Le président a rendu hommage aux quatre victimes.
Silence pesant, ce mardi, dans la cour de la préfecture de police de Paris. Cinq jours après la tuerie, une centaine de personnes étaient rassemblées sous la pluie, pour l'hommage national à Aurélia, Damien, Anthony et Brice, les quatre fonctionnaires tombés sous les coups de Mickaël Harpon, leur collègue radicalisé.
« La justice passera »

Dans son discours d'une quinzaine de minutes, Emmanuel Macron, empruntant des accents guerriers, a promis « un combat sans relâche » mené face au terrorisme islamiste, et appelé les Français à « faire bloc ». « Les institutions seules ne suffiront pas à venir à bout de l'hydre islamiste », a-t-il insisté. « C'est la Nation tout entière qui doit s'unir, se mobiliser pour agir ». Et d'assurer : « La lumière sera faite, les interrogations levées, les responsabilités établies, la justice passera ».

Sur le front de l'enquête justement, les services antiterroristes ont mis la main sur une clé USB dans le bureau de Mickaël Harpon contenant des vidéos de propagande du groupe État islamique et des données relatives à des collègues. L'enjeu est maintenant de faire l'inventaire exhaustif de son contenu et de déterminer ce qu'il a fait de ces données. Les enquêteurs cherchent notamment d'éventuels complices dans les milieux radicaux, et à éclaircir la nature des informations auxquelles l'assaillant a pu avoir accès à la préfecture.
Court répit pour Christophe Castaner

Pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, cet hommage solennel n'offre qu'un court répit, alors qu'il est très critiqué depuis cette attaque meurtrière au coeur d'une administration censée être l'un des fers de lance de la sécurité de l'État. L'opposition, à droite et à l'extrême droite, exige sa démission, exclue par l'intéressé, qui a toutefois reconnu un « dysfonctionnement d'État ».

Le ministre a été auditionné à huis clos mardi matin par la délégation parlementaire au renseignement sur les éventuelles failles ayant permis l'attaque. Il a ensuite enchaîné dans l'après-midi avec la commission des lois de l'Assemblée nationale. Il sera également interrogé jeudi par la commission des lois du Sénat.

L'Assemblée nationale et le Sénat ont par ailleurs observé, mardi, un moment de recueillement en hommage aux quatre victimes de la préfecture. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a annoncé la création d'une commission d'enquête pour comprendre les conditions de cette attaque. Elle commencera ses travaux la semaine prochaine. Le député LR Eric Ciotti en sera le président probable, ou le rapporteur.