Michel Habig : « L'avenir passe par la route »

Publié dans le panorama le Mercredi 09 octobre 2019 à 05:38:37

© Dna, Mercredi le 09 Octobre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Fessenheim-Balgau Aménagement
Michel Habig : « L'avenir passe par la route »
Après la mobilisation des opposants au projet de tracé passant entre Balgau et Fessenheim, Michel Habig, vice-président du conseil départemental, monte au créneau pour rappeler les enjeux et l'importance de cette liaison entre l'A35 et la RD52 (dite route EDF) dans le cadre de « l'après-centrale ».
 

 
Outre le passage controversé entre Balgau et Fessenheim, le projet prévoit aussi la déviation d'Hirtzfelden par le sud (le tracé suivant la haie à droite pour rejoindre la RD3B).
« On parle là d'un très vieux projet qui date des années 1970 et de la construction de la centrale. Cet axe routier n'a finalement jamais été réalisé car à l'époque, l'arbitrage s'est fait en faveur de la RD430 (vallée de Guebwiller - Mulhouse, N.D.L.R.). Mais cette route a toujours été inscrite dans les documents et schémas d'urbanisme pendant toutes ces années. Aujourd'hui ce dossier revient sur la table à la faveur des discussions sur l'après-centrale et avec le projet EcoRhéna. Des crédits sont disponibles pour sa réalisation et c'est une chance à saisir pour le territoire. Il y a un vrai intérêt pour tous les habitants à voir cet aménagement se réaliser. Si on veut réussir l'après-Fessenheim, cela passe par cette route », martèle Michel Habig.

Le vice-président du conseil départemental précise aussi : « Aujourd'hui il n'y a absolument rien d'acté ou de décidé, pas d'études de lancées et le comité de pilotage est mis en stand-by. Nous en sommes juste à des pré-études sur différents tracés. Il faut aussi rappeler qu'il ne s'agit pas de construire une nouvelle route ni une autoroute, et encore moins de créer un aspirateur à camions. Mais bien d'améliorer l'existant avec quelques points noirs à résoudre comme le passage du canal, la déviation d'Hirtzfelden et donc cette jonction avec la RD52. L'aménagement d'une simple route urbaine au niveau de Balgau et de Fessenheim permettra de réduire le trafic dans les traversées des deux communes. Le tout sans oublier quelques améliorations à apporter au niveau de la liaison avec l'Allemagne ».
Un projet d'intérêt général

Sur la quinzaine de kilomètres de cet axe Est-Ouest, on parle donc d'environ cinq kilomètres de nouvel aménagement. Le maire d'Ensisheim en profite pour balayer certains chiffres qui circulent autour de ce projet : « On doit être dans une enveloppe de 10MEUR et pas de 50 comme on a pu l'entendre. Il faut être sérieux ».

Pour Michel Habig, l'avenir du territoire et celui de « l'après-centrale » comme le désenclavement de cette bande rhénane, passent donc par cette route : « Ce sera un plus dont tous les habitants profiteront et si nous voulons développer la zone d'activités EcoRhena, attirer des entreprises et créer de l'emploi par ici. Il faudra bien que les gens travaillent quelque part et puissent aussi se déplacer plus facilement ».

Quant au tracé privilégié et passant entre Balgau et Fessenheim, qui refait aujourd'hui débat, le vice-président du département estime qu'« il n'y a aucune vraie liaison avec la RD52 entre Ottmarsheim et Vogelgrun. Ce tracé n'amènera pas plus de trafic, c'est le plus cohérent par rapport à EcoRhena et aux problèmes de circulation dans Balgau et Fessenheim, c'est aussi le moins coûteux en surfaces agricoles. Il ne déstructure pas le parcellaire agricole et est également le moins onéreux en matière d'investissement ». Un projet d'intérêt général, pour le conseiller départemental qui s'insurge aussi contre ceux qui essayent de faire peur aux gens : « On entend par exemple reprocher au tracé de passer à proximité du collège mais c'est déjà le cas avec la RD3B actuelle et puis que dire de ce nouveau projet de lotissement à l'Est de la RD468 qui a reçu un avis défavorable au niveau du département... ».

Il lance encore à l'adresse de ceux qui seraient tentés d'utiliser l'opposition à ce projet routier lors de la campagne des prochaines élections municipales : « Ce n'est pas en étant contre un projet que l'on gagne des élections mais en portant des idées et une vision pour l'avenir. Aujourd'hui certains ont une vision pour l'avenir de tout ce territoire et d'autres regardent dans le rétroviseur ».
Pas de route sans un consensus

Michel Habig se dit prêt à se rendre à Balgau, à Fessenheim ou à Hirtzfelden pour rencontrer les habitants et leur expliquer le projet et ses enjeux, avant de préciser : « Si les gens ne veulent pas de cette route et s'il n'y a pas un consensus sur le terrain, elle ne se fera pas et nous ne forcerons pas les choses. Mais il faudra bien que tout le monde soit conscient que ce sera une occasion historique de manquée, et elle risque de ne pas se représenter ! ».
Jean-Alain HAAN