Mémoire Mulhousienne Journée du patrimoine le dimanche 22 septembre : Des mécaniciens d'exception

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 06:38:12

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Mémoire Mulhousienne Journée du patrimoine le dimanche 22 septembre
Mémoire Mulhousienne Journée du patrimoine le dimanche 22 septembre : Des mécaniciens d'exception
Difficile pour Mémoire Mulhousienne, qui veut valoriser les sépultures remarquables des cimetières de la ville, de coller au thème « Arts et divertissement » des journées du patrimoine cette année. L'association propose de partir à la découverte des mécaniciens méconnus.

 
La salle des peigneuses Heilmann. Dessin de Barclay, gravure de 1885.
À l'occasion de cette journée du patrimoine, l'association Mémoire Mulhousienne a édité un petit fascicule sur le thème des mécaniciens de la ville, préfacé par Frédéric Guthmann, président du conseil consultatif du Patrimoine mulhousien. Celui-ci y rappelle qu'au XVIIIe siècle, Mulhouse regorgeait de petites manufactures d'indiennes, notamment. L'artisanat était florissant et prospérait.

Josué Heilmann, inventeur de la peigneuse mécanique. Photo DNA /DR

Edouard Beugniot, inventeur d'un système d'articulation d'essieux moteur pour les locomotives de montagne. Photo DNA /DR

Alfred de Glehn a développé la première locomotive Compound. Photo DNA /DR

Aviatik, créé par Spengler et Châtel, fabrique des avions qui remporteront de nombreux records. Photo DNA /DR

Quand la Révolution industrielle démarre, milieu du XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne, consciente de son avance technologique, impose la prohibition de la vente de machines et de leurs plans. Les Mulhousiens veulent s'inspirer de ce qui se passe ailleurs, et notamment à Manchester qui est devenu un immense pôle industriel...
Des inventeurs qui dépassent le maître

Ils copient des plans qu'ils introduisent chez eux en fraude grâce à « des techniciens aventuriers ». Même après la levée de la prohibition en 1825, les contrôles restent très stricts, et pour importer ces technologies britanniques, les Alsaciens rivalisent d'ingéniosité. Après le blocus imposé par Napoléon, qui permet au Continent de développer son industrie, à la paix revenue en 1815, les patrons mulhousiens s'entêtent à acquérir le savoir-faire britannique.

Ils font venir des ingénieurs anglais achetés à prix d'or ; ils envoient leurs fils découvrir ces machines à vapeur qui vont tout révolutionner, pour décrypter les secrets de leur fabrication, percer les codes mis en place pour bloquer les machines.

Peu à peu, les Alsaciens vont se former, progresser, développer des techniques importées, les perfectionner, jusqu'à dépasser l'original. Avec des patrons comme André Koechlin, qui passe contrat avec un industriel anglais, permettant la création de la société André Koechlin et Cie, AKC, une usine « clé en main », se développe une industrie mécanique d'envergure dans les domaines stratégiques du filage, tissage, impression, etc.

Un terreau sur lequel d'autres patrons, mais aussi des inventeurs partis de rien ou de pas grand-chose vont pouvoir prospérer. Et Mulhouse connaîtra de nombreux mécaniciens d'exception à qui Mémoire Mulhousienne veut rendre hommage en cette journée du patrimoine. Des personnages méconnus qui méritent qu'on les mette en exergue.
Michèle MARCHETTI