RSA Saisir la grappe pour sortir de la trappe

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 05:56:16

© L'alsace, Mercredi le 11 Septembre 2019
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RSA Saisir la grappe pour sortir de la trappe
 

 
C'est au domaine Dirler-Cadé, à Bergholtz, que le conseil départemental du Haut-Rhin et ses partenaires ont fait le point sur le dispositif RSA-vendanges mis en place l'an dernier. Photo L'Alsace /Hervé KIELWASSER
Plus de cent allocataires haut-rhinois du revenu de solidarité active (RSA) se sont déjà portés candidats aux vendanges 2019, qui n'ont commencé que mercredi dernier en Alsace. En 2018, ils avaient été 187 à profiter de la possibilité, nouvelle dans le département, de cumuler le RSA avec les revenus de cette activité saisonnière.

Cet assouplissement doit permettre aux allocataires du RSA de retrouver le chemin de l'emploi et aux viticulteurs « une main-d'oeu- vre locale », qui se fait plus rare. La présidente du conseil départemental, Brigitte Klinkert, parle de « dispositif gagnant-gagnant », qui, en outre, ne coûte rien à la collectivité et s'avère d'autant plus efficace qu'il se traduit par des démarches administratives simpli-fiées pour les deux parties.
« Les résultats sont là »

« Les résultats sont là », constate Brigitte Klinkert. Le tiers des 187 allocataires ayant participé aux vendanges l'an dernier sont aujourd'hui sortis du RSA. Le lien de cause à effet n'est pas généralisable, en l'état de la statistique départementale, mais les partenaires du dispositif - Pôle Emploi, la Caisse d'allocations familiales, la Mutuelle sociale agricole, le Centre d'information et d'aide à la recherche d'emploi (Ciarem)... - donnent des exemples concrets et sont unanimes à souligner les bienfaits d'une telle transition.

Rompre le cercle vicieux de l'inactivité, aller à la rencontre d'autres personnes - amorce éventuelle d'un « réseau », vecteur d'em-bauche -, faire la preuve de son volontarisme sont autant de signaux forts pour se redonner confiance à soi-même et séduire de potentiels employeurs.
« Autant d'argent à mettre ailleurs »

Directrice en charge de la solidarité au conseil départemental, Dorothée Martin étend ces vertus à l'ensemble du dispositif RSA-bénévolat, mis en place par le Haut-Rhin en 2017, dans un contexte polémique. « Il faut oser bousculer les idées reçues et dépasser certains conservatismes », conclut aujourd'hui Brigitte Klinkert.

La présidente peint son département en modèle d'« innovation sociale », même si le cumul RSA-vendanges est en place depuis une dizaine d'années déjà dans la Marne et depuis 2015 dans le Rhône. D'autres départements ont certes suivi, notamment le Bas-Rhin, où le dispositif a été expérimenté dans le seul secteur de Barr en 2018, avant d'être étendu cette année : un manque de coordination que regrette Simone Kieffer, chargée de mission à l'Ava (Association des viticulteurs d'Alsace), pour qui « la viticulture doit être gérée régionalement ».

Dans le Haut-Rhin, la possibilité de cumuler RSA et revenus ponctuels sera étendue l'année prochaine à la récolte des fraises et des asperges, a annoncé ce mardi Brigit-te Klinkert. Se targuant de multi-plier les initiatives pour résorber le décalage entre le besoin d'insertion et la demande des chefs d'entreprise - 20 000 emplois sont à pourvoir dans le département -, elle espère que le nombre d'allocataires du RSA va poursuivre sa décrue dans le périmètre qui relève de sa compétence : il s'est stabilisé autour de 14 800, après une baisse de 17 % entre début 2016 et mi-2018. Cela se traduit par une économie de 4 à 5 millions d'euros par an, « autant d'argent à mettre ailleurs ».
Olivier BRÉGEARD