Les urgences asphyxiées

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 05:53:28

© Dna, Mercredi le 11 Septembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Santé  Mulhouse
Les urgences asphyxiées
Un service en mode survie. Voilà à quoi ressemble en ce moment le service des urgences de Mulhouse dont le personnel est en grève depuis le 26 avril...
 

 
Les urgentistes mulhousiens, en grève depuis le 26 avril, se sont mobilisés pour une nouvelle action ce mardi 10 septembre.
Sac en plastique sur la tête et pancarte dans les mains affirmant "Urgences asphyxiées", le personnel du service des urgences de l'hôpital de Mulhouse, en grève depuis le 26 avril, s'est mobilisé pour une nouvelle action mardi, devant l'entrée du service, au lendemain des annonces de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, pour tenter de sortir de la crise nationale qui dure depuis six mois dans certains services de l'Hexagone.
« Il nous fautdes médecinsde toute urgence »

Façon pour eux de signifier que les annonces de la ministre « ne correspondent pas du tout aux attentes », indique une urgentiste.

« Je crois qu'elle n'a pas compris. Nous, nous avons besoin de mesures immédiates, pas sur trois ans. Il nous faut des lits supplémentaires pour hospitaliser les patients qui le nécessitent et ne pas les laisser attendre des heures sur un brancard, pour désengorger le service. Et il nous faut des médecins, de toute urgence. »

À Mulhouse, la situation du point de vue médical est inédite et particulièrement tendue depuis des semaines. Après des démissions en cascade, le service est amputé de plus de la moitié de son effectif : ils sont encore 12 en poste et bientôt plus que 7.

Illustration, le week-end dernier : la direction du GHRMSA (Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace), dont dépendent les services d'urgences de l'hôpital Émile-Muller, d'Altkirch et de Saint-Louis, a été contrainte de suspendre temporairement le service d'Altkirch

« Et cela pourrait encore se produire dans les prochaines semaines. On a aussi des craintes pour Mulhouse, Mais même si la rumeur court, je ne crois pas que l'ARS (Agence régionale de santé), qui est au-dessus de la direction, ira jusqu'à suspendre le service de Mulhouse », indique une urgentiste.

La sécurité d'un bassin de vie de quelque 270 000 habitants, rien que pour l'agglomération de Mulhouse, est en jeu. À la question de savoir si le service était encore en capacité de gérer, une, deux, voire trois urgences vitales qui arriveraient en même temps, un infirmier, confiant avoir « peur de travailler dans ces conditions-là », indiquait ce lundi : « Une urgence vitale, c'est très faisable ; deux, ça devient compliqué ; trois, ça devient presque impossible ».
« L'ARS, c'est une horreur »

Combien de temps le service de Mulhouse pourra encore compter sur les renforts intérimaires aujourd'hui nécessaires pour faire tourner le service ? La question se pose. En marge de la manifestation de ce mardi, des urgentistes et membres du personnel de l'hôpital ne mâchaient plus leurs mots à l'égard de l'autorité de tutelle de la direction de l'hôpital. Certains accusent l'ARS de « pourrir la situation », quand d'autres affirment que « l'ARS, c'est une horreur ».

Dans ce contexte, les urgentistes en appellent à la ministre de la Santé : « On souhaite qu'elle vienne prendre conscience de la situation à Mulhouse. »
Cécile FELLMANN Le témoignage vidéo d'un infirmier sur notre site www.dna.fr

Le témoignage vidéo d'un infirmier sur notre site www.dna.fr