EDITORIAL : Élémentaire,mon cher Blanquer

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 05:51:01

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EDITORIAL : Élémentaire,mon cher Blanquer
 

 
de Pascal Coquis

Cette année, pour sa troisième rentrée au ministère de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer avait décidé de s'attaquer à la question du pouvoir d'achat des instits et des profs. Noble et récurrent dessein. Dicté autant par la réalité du terrain que par la volonté de se rabibocher avec un corps enseignant éprouvé par le rythme haletant des réformes et écorché par la crise aiguë du dernier bac. Il était urgent de renouer le lien avant que n'émerge la réforme des retraites.

Il y a quinze jours, le ministre avait ainsi de lui-même mis sur la table la question centrale du revenu des enseignants et, chose rare, annoncé des revalorisations chiffrées et datées. Il s'était même laissé aller dans un accès de lyrisme à évoquer le « bonheur des enseignants ».

Le rapport annuel de l'OCDE qui vient d'être publié tombe donc à point... à la fois pour Jean-Michel Blanquer et pour les syndicats, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Le premier pourra se targuer d'être au plus près des préoccupations de « ses » troupes, les seconds y verront la légitimité de leurs revendications.

Reste maintenant à ne pas décevoir les attentes puisqu'il est impossible de les satisfaire. Car ce que souligne surtout ce rapport, c'est que si les différences de traitement entre les enseignants français et la moyenne de leurs collègues de l'OCDE sont flagrantes, les disparités, elles, sont énormes. Et que ceux qui s'en sortent le moins bien d'entre tous sont les profs du primaire et des classes élémentaires. Autrement dit ceux qui exercent à l'endroit précis où se forgent les esprits, à l'endroit le plus sensible du corps social. Au moins, le ministre sait, s'il réussit à s'en donner les moyens, où porter son effort.