Nos profs sont moins bien payés qu'ailleurs

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 05:50:27

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Education Les revenus des enseignants inférieurs à la moyenne des pays développés
Nos profs sont moins bien payés qu'ailleurs
Ils bénéficient certes de plus de vacances, mais selon une enquête comparative publiée ce mardi, les enseignants français sont globalement moins bien lotis à la fin du mois que leurs collègues de pays comparables. Tous les profs ? Pas forcément car les inégalités sont importantes.
 

 
Les profs français sont-ils moins ou plus payés que la moyenne des enseignants des pays développés ? Le rapport annuel « Regards sur l'éducation » publié ce mardi par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) apporte une double réponse à la question : le salaire statutaire des enseignants français se situe en deçà de la moyenne de celui de leurs homologues de l'OCDE en 2018, même si un rattrapage s'observe en fin de carrière. Mais si l'on tient compte des primes et des heures supplémentaires, la rémunération effective est légèrement supérieure (chiffre 2017), à l'exception notable des professeurs des écoles.

Selon l'OCDE, le salaire statutaire d'un prof français en début de carrière est de 7 % inférieur à la moyenne (28 000 EUR bruts annuels soit 2 300 EUR par mois contre 29 900 EUR en moyenne pour le primaire ; un prof de lycée débutant gagne 29 400 EUR (moyenne OCDE : 32 423 EUR). L'écart se creuse en milieu de carrière : 35 500 contre 43 107 EUR. Tous niveaux confondus, un enseignant français gagne alors 22 % de moins que la moyenne des pays de l'OCDE. La différence se réduit à 2 % en fin de carrière
Fortes disparités entre niveaux

En réalité, ces moyennes masquent d'importantes disparités de rémunérations, qui varient en fonction du corps : les agrégés et surtout les enseignants de classes préparatoires (CPGE) restent mieux rémunérés. La pyramide des âges, les primes et les heures supplémentaires (défiscalisées) créent aussi des écarts.

Les grands perdants sont les professeurs des écoles, malgré une augmentation en 2016 de leur indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves (ISAE) passée de 400 à 1 200 EUR, soit le montant de base de l'équivalent dans le secondaire.

Selon une note du ministère de l'Éducation publiée en octobre 2018, les primes et indemnités représentent environ 10 % du salaire d'un prof des écoles et 20 % d'un enseignant du second degré (jusqu'à 34 % pour un prof de prépa). Selon l'Insee, en 2016, un prof agrégé et de chaire supérieure (prépas) gagnait 60 % de plus que les profs des écoles et 120 % de plus que les contractuels. Dont le nombre augmente chaque année.
Champions des vacances et... des longues journées

Les enseignants français travailleraient-ils moins que leurs collègues étrangers ? Si on s'en tient au nombre de jours de classe, la France est bonne dernière avec 144 jours de travail en primaire et 188 jours dans le secondaire. Champions des vacances et aussi des longues journées Si on prend en compte le nombre d'heures de cours, le prof français se situe bien au-dessus de la moyenne : 900 heures dans les écoles (moyenne OCDE : 783), 684 pour le second degré, contre 667 en moyenne.
Les classes plus chargées

Les classes sont plus chargées en France de la maternelle (voir encadré) à la troisième : 24 au primaire, contre 21 dans l'OCDE en moyenne, 25 au collège (contre 23).

Question taboue, mais qui anime les salles des profs : un enseignant qui intervient sur plusieurs niveaux au collège ou au lycée a effectivement plus de travail de préparation qu'un collègue qui intervient seulement sur deux niveaux. Cela vaut également pour un prof des écoles chargé ou non d'un cours double voire triple.

Enfin l'OCDE constate que la France consacre aux personnels non-enseignants des moyens financiers nettement supérieurs à la moyenne par rapport à ceux consacrés aux enseignants, essentiellement via les collectivités locales.

Jean-Michel Blanquer s'est engagé à ouvrir des négociations sur les rémunérations et les carrières en octobre. Les discussions s'annoncent tendues à la lumière de ce rapport.
Philippe RIVET