Le Poche-Ruelle dans ses fauteuils neufs

Publié dans le panorama le Mercredi 11 septembre 2019 à 05:47:54

© Dna, Mercredi le 11 Septembre 2019
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théâtre  Mulhouse
Le Poche-Ruelle dans ses fauteuils neufs
Opération de mécénat réussie au théâtre Poche-Ruelle qui, grâce à une centaine de généreux parrains, a pu changer tous ses fauteuils cet été. Le TPR a, par ailleurs, refait sol et déco. Inauguration le 13 septembre en attendant la rentrée sur les planches avec « Le visiteur » d'Éric-Emmanuel Schmitt le 11 octobre.
 

 
Dans les nouveaux fauteuils, Michel Erhart, président du théâtre Poche-Ruelle, Jean-Marie Mershaka, directeur artistique, et sa femme Maryse.
Les précédents avaient été achetés d'occasion à un cinéma strasbourgeois, pour l'ouverture du théâtre de Poche en 1972. « Ces fauteuils avaient plus de 70 ans », relève Michel Erhart, président du théâtre Poche-Ruelle (TPR), à Mulhouse. Pas encore en bout de course, et finalement bien dans l'air du temps avec leur look vintage, une dizaine d'entre eux agrémentent désormais le chaleureux foyer du petit théâtre de la rue du Ballon. Et dans la salle, 162 fauteuils flambant neufs, rouge pétant, ont pris la place des anciens durant l'été. Cette mue est le résultat d'une opération de mécénat rondement menée. « Tous les fauteuils ont été achetés par des parrains, soit des institutionnels (il y en a trois : la Ville de Mulhouse, M2A et le conseil départemental du Haut-Rhin), soit des professionnels, soit des particuliers », précise Michel Erhart. 350 EUR le fauteuil, mais avec un avantage fiscal de 66 % : « Ça a très bien marché, on aurait encore pu en vendre davantage. On a commencé la vente en juillet 2018, en octobre, c'était terminé », ajoute le président. Une centaine de mécènes au total ont apporté leur obole et certains ont même pris plusieurs fauteuils. En contrepartie, tous ont droit à leur nom (ou simplement leur prénom, à leur choix) brodé en doré sur le fauteuil. « Ils sont immortalisés », sourit Jean-Marie Meshaka, le directeur artistique du TPR. Ceux qui le désiraient ont aussi pu récupérer un ancien fauteuil, « en souvenir ». Cet important coup de neuf n'a ainsi pas coûté un sou au théâtre, qui en revanche a mis la main au portefeuille pour la rénovation complète du sol (dans le foyer, la salle, la régie, les loges) et la nouvelle déco du foyer. Coût : 21 000 EUR.
Une 101e création avec Freud et Dieu

Les généreux mécènes du Poche-Ruelle seront conviés à fouler la nouvelle moquette grise et le nouveau tapis rouge puis à poser leurs postérieurs dans ces sièges ultra-confortables - et à leur nom - lors d'une grande soirée le 13 septembre prochain. Autour d'un buffet libanais, proposé par Les Saveurs du Liban, les invités en profiteront pour célébrer le 35e anniversaire du Théâtre de la Ruelle, la troupe créée par Jean-Marie Meshaka, le 20e anniversaire (ou à peu près...) du mariage Poche-Ruelle, et la 100e mise en scène mulhousienne de Jean-Marie Meshaka. Avec un peu de retard puisque le rideau est tombé le 11 mai dernier sur cette 100e, L'hôtel du libre échange (lire le chiffre).

En fait, c'est la 101e qui s'approche à grands pas. Les décors du Visiteur d'Éric-Emmanuel Schmitt sont déjà en place face aux beaux fauteuils neufs pour une première le 11 octobre. Le visiteur, « c'est une conversation amusante entre Freud et Dieu », résume Jean-Marie Meshaka, qui sera Freud (« je ne pouvais quand même pas faire Dieu », s'amuse-t-il). C'est Guillaume Ducottet qui s'y collera sans complexe dans le rôle du grand créateur, aux côtés de Michèle Bund (la fille de Freud) et de Jérémy Benoin dans le rôle d'un nazi. Mais nous y reviendrons en temps voulu...
Hélène POIZAT