Après l'incendie mortel, le suspect passe aux aveux

Publié dans le panorama le Jeudi 05 septembre 2019 à 06:34:17

© L'alsace, Jeudi le 05 Septembre 2019
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Après l'incendie mortel, le suspect passe aux aveux
 

 
Les déblais dans la cour de l'immeuble après l'incendie qui a fait un mort et onze blessés à Schiltigheim. Photo DNA /Thomas TOUSSAINT
Après une soirée très alcoolisée avec des copains, l'incendiaire présumé a erré dans les rues de Schiltigheim, où il réside. Aux alentours de 3 h lundi matin, il a d'abord mis le feu à une poubelle bleue, rue des Chasseurs. Il a placé le conteneur en plastique contre un véhicule en stationnement, lequel s'est embrasé.

Le jeune homme de 22 ans a poursuivi son périple jusqu'à la rue Principale, dans le « Vieux Schilick », où il a réussi à pénétrer dans l'entrée du numéro 47. Il a reconnu devant les enquêteurs de la Sûreté départementale du Bas-Rhin, qui l'ont rapidement identifié grâce à la vidéosurveillance, avoir allumé un incendie dans l'immeuble HLM à colombages.

Quand les secours ont reçu les premiers appels de détresse, un peu avant 4 h, les flammes avaient déjà gagné le premier étage. Plusieurs membres d'une famille de deux adultes et huit enfants, piégés par le feu, ont sauté par les fenêtres. L'un des enfants, un garçon de 11 ans, a été retrouvé mort dans l'appartement par les sapeurs-pompiers. La mère et un enfant de 7 ans ont été blessés en chutant de plusieurs mètres. En tout, onze personnes ont été transportées à l'hôpital.

Le parquet de Strasbourg a prolongé la garde à vue du suspect ce mercredi matin, tandis que les policiers poursuivaient l'audition des nombreux témoins, notamment des pompiers. « Il n'a pas donné d'explications précises sur les motivations de son geste, a indiqué le procureur dans un communiqué. En l'état de l'enquête, il n'existe aucun élément en faveur d'un acte à caractère raciste. » Dès mardi matin, plusieurs responsables politiques, dont la maire de Schiltigheim Danielle Dambach, avaient fait le rapprochement avec d'autres incendies récents, en particulier celui du 19 août qui avait visé des logements loués par l'association Horizon Amitié et occupés par des familles étrangères.

Déjà connu des services de police pour des faits de dégradation volontaire par incendie, l'homme a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. Il devrait être déféré ce jeudi matin au tribunal de grande instance de Strasbourg, en vue d'une probable mise en examen pour avoir causé un incendie ayant entraîné la mort d'autrui. Un crime pour lequel le code pénal prévoit la réclusion criminelle à perpétuité.
Antoine BONIN