CD67 : Toujours plus de collégiens pour quelques années encore

Publié dans le panorama le Mardi 03 septembre 2019 à 06:24:42

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Éducation
CD67 : Toujours plus de collégiens pour quelques années encore
Avant de se rendre dans les collèges de Barr puis de Schirmeck, Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin, a présenté hier les grandes orientations de la politique éducative du département au collège Solignac à Strasbourg, qui se prépare à de grandes transformations.
 

 
Les élèves de sixième du collège Solignac à Strasbourg accueillis par le principal Jacques Schweitzer, aux côtés de la rectrice Sophie Béjean et du président du conseil départemental du Bas-Rhin Frédéric Bierry (au premier plan).
« Nous aurions pu réhabiliter le collège Solignac pour deux millions d'euros. Nous allons le refaire complètement pour 15 millions d'euros. C'est un choix politique fort. Nous croyons en ce territoire », assure Frédéric Bierry, qui avait choisi cet établissement, dans le quartier strasbourgeois du Neuhof, pour présenter l'engagement du département en faveur des 89 collèges publics du Bas-Rhin. Établissement « emblématique du métissage culturel, implanté dans un quartier en difficulté », souligne Pascale Jurdant-Pfeiffer, vice-présidente du conseil départemental, le collège Solignac devrait disposer de nouveaux bâtiments en 2024 sur le site voisin de l'ancien hôpital militaire Lyautey. Les négociations pour l'acquisition du terrain sont en cours.

 
Éviter les démarches d'évitement des parents

Dirigé depuis huit ans par le principal Jacques Schweitzer, cet établissement accueille 226 collégiens et 56 élèves de Segpa (section d'enseignement général et professionnel adapté) alors qu'il a été conçu pour 600 élèves. Pour éviter « les démarches d'évitement » des parents, le rectorat a fait « le choix de l'excellence », explique la rectrice Sophie Béjean. Le collège est au coeur de la transformation du Neuhof, avec un projet immobilier, éducatif et de refonte de la carte scolaire dès 2024. L'établissement pourrait faire partie des collèges labellisés Cités éducatives pour le territoire Neuhof-Meinau. « La décision sera prise dans les semaines à venir », note la rectrice. En outre, toujours pour diversifier socialement le recrutement du collège - actuellement, 70 % des élèves sont boursiers -, l'offre d'enseignement sera modifiée avec la création d'un « parcours d'excellence scientifique ».

Pour anticiper les besoins à venir face à la pression démographique, le conseil départemental a prévu la création de trois établissements supplémentaires d'ici 2026 dans l'Eurométropole. Outre le nouveau collège Solignac, deux établissements seront construits aux Deux-Rives à Strasbourg et à Eckbolsheim, alors que la Meurthe-et-Moselle est obligée de fermer des sites scolaires, remarque Frédéric Bierry.

Dans le Bas-Rhin, le nombre de collégiens est en augmentation « pour quelques années encore », précise la rectrice. Les établissements publics prévoient d'accueillir 47 307 élèves cette année, contre 46 288 en 2018-2019, tandis que le privé voit ses effectifs stabilisés à 6 603 collégiens pour cette rentrée (6 605 l'an dernier). Au total, pour les années 2017 à 2024, le département a voté pour les collèges un plan d'investissement de 242 millions d'euros - et 284 millions d'euros en frais de fonctionnement, dont les salaires de 850 agents, soit près de 41 millions d'euros par an.
Un dispositif « RSA pluche »

Frédéric Bierry a poursuivi sa visite dans les collèges de Barr et de Schirmeck. Le conseil départemental a profité de cette rentrée à Barr pour lancer le dispositif « RSA pluche ». Il s'agit de solliciter des bénéficiaires du RSA (prestation versée par le Département) pour aller éplucher des légumes dans les cantines des collèges. L'intérêt est double. Le Département du Bas-Rhin a la volonté d'améliorer la qualité des repas, notamment en réduisant la nourriture industrielle. Or travailler des légumes des agriculteurs locaux nécessite de la main-d'oeuvre. Le recours aux bénéficiaires du RSA (qui seront payés) permet de limiter le surcoût. Ce dispositif vient aussi partiellement compenser la fin des contrats aidés, qui étaient parfois embauchés pour ces travaux. L'État s'est désengagé du dispositif et le Département n'a pas pu prendre le relais financièrement pour tous ces contrats. Cinq collèges sont pour l'heure concernés dans le Bas-Rhin : Bischwiller, Soufflenheim, Niederbronn-les-Bains, Schirmeck et La Broque. Le Département a la volonté de l'étendre.
J.F.C. et G.M.