Qu'attendre du Grenelle contre les violences conjugales ?

Publié dans le panorama le Mardi 03 septembre 2019 à 06:21:41

© L'alsace, Mardi le 03 Septembre 2019
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Qu'attendre du Grenelle contre les violences conjugales ?
 

 
Marlène Schiappa (à droite) a voulu lancer son Grenelle le 3-09-19, en clin d'oeil au numéro de téléphone d'écoute des femmes victimes, le 3919. Photo Philippe LOPEZ/AFP
La dernière fois qu'une femme a succombé, tuée par son conjoint, c'était ce lundi, à Réalmont, dans le Tarn. La nonagénaire (92 ans), violemment frappée par son mari de 94 ans à coups de poing et de canne la veille, est morte des suites de ses blessures.

C'est pour tenter d'enrayer ce fléau qu'une bonne partie du gouvernement (secrétariat d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, ministères de la Justice, Intérieur, Éducation, Logement, Protection de l'enfance...), ainsi que les différentes associations, des familles de victimes et les services publics concernés vont se mettre autour d'une table dès ce mardi et durant trois mois, pour un Grenelle des violences conjugales.
Des annonces avant le Grenelle

Le lancement de l'événement se déroulera à Matignon et le Premier ministre, Édouard Philippe, qui ouvrira le Grenelle, fera des « annonces fortes qui vont changer la donne », avait assuré Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, vendredi dans notre journal.

Tout au long des discussions, les différents membres du gouvernement devraient annoncer des mesures. Ce sera le cas d'Adrien Taquet (Protection de l'enfance) ou encore de Nicole Belloubet (Justice).

Une dizaine de groupes de travail vont aussi plancher sur trois axes principaux : la prévention, la prise en charge des victimes et la sanction des auteurs. De son côté, Marlène Schiappa a d'ores et déjà annoncé l'ouverture de 240 places d'hébergement supplémentaires, ainsi qu'un budget d'un million d'euros qui sera reversé à de petites associations locales. Un bracelet d'éloignement, posé sur les hommes violents avant toute condamnation, doit également être mis en place courant 2020.

Parallèlement à ce long tour de table qui se tient à Matignon, 91 Grenelles en région vont avoir lieu.
Opération de communication

Certaines voix, parmi lesquelles Anaïs Leleux, membre du collectif #NousToutes, s'élèvent déjà pour dénoncer ce qu'elle estime « n'être qu'une opération de communication ». En 2018, déjà, la Fondation des femmes estimait le besoin pour une prise en charge de qualité des femmes victimes de violence à 500 millions d'euros. Pour certaines et même pour certains, il n'est pas non plus assez question d'éducation... des hommes. Ce Grenelle doit déboucher, à partir du 25 novembre, sur des engagements judiciaires et l'établissement de nouvelles politiques publiques.