Le vignoble opte pour le « statu quo »

Publié dans le panorama le Mardi 03 septembre 2019 à 05:55:00

© Dna, Mardi le 03 Septembre 2019
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viticulture  Vendanges 2019
Le vignoble opte pour le « statu quo »
L'assemblée générale de l'Association des viticulteurs d'Alsace a tenu hier son assemblée générale à huis clos, sans la présence de la presse. La coopération a obtenu ce qu'elle voulait : 80 hl/ha, le rendement maximal. Un vote majoritaire alors que les divisions se font de plus en plus sentir.
 

 
Dans la région de Colmar, les pinots noirs destinés au crémant vont être récoltés dès mercredi.
Persona non grata, les journalistes se sont contentés d'une conférence orchestrée hier à Colmar en toute fin d'après-midi par l'Ava (Association des viticulteurs d'Alsace). Interrogé d'emblée sur ce huis clos extraordinaire (c'est arrivé une ou deux fois en 40 ans d'activité syndicale), Jérôme Bauer, le président de l'Ava, s'est justifié en affirmant que des vignerons s'expriment « plus ouvertement » sans la présence des journalistes qui auraient d'ailleurs eu du mal à trouver un siège, dit-il, tant cette réunion de rentrée fut exceptionnellement attractive.
« Les ventes repartent à la hausse », se félicite l'AVA

Les bonnes nouvelles sont à chercher dans les vignes ; la situation sanitaire à 24 heures de l'ouverture du ban des vendanges est bonne. Comme les années précédentes, les situations, du nord au sud, sont hétérogènes, certains secteurs, notamment vers Cleebourg et Barr, n'ont pas été aussi arrosés que ceux de la région colmarienne. Les niveaux d'acidité sont pour l'heure réjouissants et la baisse de la température devrait préserver cette offrande de Dame Nature.

Côté rendement, les différentes familles professionnelles ne se sont pas écharpées ouvertement comme le redoutait M. Bauer ; la coopération venue en force a obtenu ce qu'elle était venue chercher : le statu quo. Ce sera donc 80 hl/ha, bien que l'Alsace peine à vendre 920 000 hl et ses milliers d'hectolitres de vins stockés dans les caves. Le négoce a opté pour le silence tandis que les vignerons indépendants, en minorité, auraient été ravis de descendre à 65 hl/ha, un signal fort pour des marchés sensibles non pas aux volumes mais à l'identité des terroirs.

« Les ventes repartent à la hausse », fanfaronne l'Ava qui admet tout de même que c'est bien la nature qui « arbitre » au final la question lancinante des volumes de production. Cette année, rappelons-le, l'estimation de récolte est de 980 000 hl... Jérôme Bauer déplore un « sous-investissement commercial », couplé à une baisse de la consommation en France, qui impacte aussi d'autres régions. L'Alsace n'est pas la seule à ramer ; pourtant, son vignoble couvre seulement 15 000 ha ; elle pourrait prétendre théoriquement à des marchés beaucoup plus valorisants.

Conscientes du « mur qui s'approche de plus en plus », dixit un vigneron en off, les familles professionnelles devraient s'atteler prochainement à « la construction collective d'une méthodologie », annonce l'Ava. Si cette « méthodologie » consiste à aplanir les divergences, ce sera déjà un bon début.
J.D.K. Les dates de vendanges auront lieu le 4 septembre pour le crémant, le 12 pour les vins tranquilles, le 27 pour les vendanges tardives et les sélections de grains nobles.

Les dates de vendanges auront lieu le 4 septembre pour le crémant, le 12 pour les vins tranquilles, le 27 pour les vendanges tardives et les sélections de grains nobles.