Didier Guillaume : Le ministre reprend le slogan syndical

Publié dans le panorama le Mardi 03 septembre 2019 à 05:45:37

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Châlons-en-Champagne
Didier Guillaume : Le ministre reprend le slogan syndical
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, était ce lundi à la foire de Châlons-en-Champagne. Il a annoncé un chantier sur l'étiquetage des produits alimentaires. Les agriculteurs du Grand Est ont demandé, eux, des actes et une vision.

 
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, a confirmé aux Jeunes agriculteurs (JA) que la France ne ratifiera pas le traité UE-Mercosur.
Pas d'erreur, c'est bien le slogan de la FNSEA, principal syndicat agricole français, que le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a repris à son compte ce lundi à Châlons-en-Champagne. « N'importons pas une agriculture dont nous ne voulons pas », s'est exclamé Didier Guillaume. Puis d'ajouter : « Mais développons celle que nous voulons. »

Venu passer la journée à la deuxième foire agricole de France (après celle de Paris), il a reçu l'ensemble des représentants des syndicats agricoles et des filières de la région (betteraves, sucre, luzerne, élevage, légumes...). Avec la confirmation, martelée à la suite du président Emmanuel Macron, que « la France ne ratifiera pas » l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur (N.D.L.R. : marché commun entre quatre pays d'Amérique latine dont le Brésil et l'Argentine). Même si, poursuit-il, il ne faut pas se voiler la face, « nous vivons dans un monde ouvert. Ce que je veux, c'est de la réglementation. » Vibrant défenseur d'une « agriculture française la plus sûre du monde », Didier Guillaume a annoncé le prochain lancement d'un « grand chantier sur l'étiquetage pour permettre aux consommateurs de faire les bons choix ». Il ne s'agit pas d'ajouter un nouveau label, a-t-il précisé, mais de savoir d'où viennent les produits alimentaires, en particulier ceux qui sont transformés.

Tout cela n'empêche pas le patron de la FRSEA-Grand Est, le Marnais Hervé Lapie, d'être dubitatif. « C'est ambigu. Le ministre vient avec un projet qui est presque le nôtre sur la profession agricole, l'alimentation, le développement de la biodiversité, la méthanisation... Et, dans les faits, c'est le contraire qui se passe. » À ses yeux, il y a « une incompréhension majeure entre l'exécutif et le ministre ». Exemple ? « On nous parle maîtrise des charges. Or les charges d'exploitation ont augmenté de 50 EUR par hectare. » La profession agricole a « besoin d'un sens et d'une vision », plaide-t-il.
L'agriculture régionale se mobilise

La chambre régionale d'agriculture, présidée par son voisin marnais Maximin Charpentier, a d'ailleurs annoncé pour le printemps 2020, une « Rencontre de l'agriculture en Grand Est ». Initiative à laquelle le conseil régional, par la voix de son président Jean Rottner (LR), a apporté son soutien ce lundi. À l'issue de sa rencontre avec le ministre Didier Guillaume, il a également réaffirmé la capacité des Régions à « porter, en proximité sur le territoire, un pacte de transition avec les agriculteurs ». Via des investissements et un accompagnement des nouvelles méthodes de production.
Catherine DAUDENHAN