maternelle - La rentrée pour tous, dès 3 ans

Publié dans le panorama le Dimanche 01 septembre 2019 à 07:12:30

© L'alsace, Dimanche le 01 Septembre 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

maternelle - La rentrée pour tous, dès 3 ans
 

 
Dans certaines écoles, la salle de sieste est déjà prête. Photo L'Alsace /Vanessa MEYER
Plus de 179 000 écoliers sont attendus ce lundi matin dans les écoles publiques et privées de l'académie de Strasbourg, dont près de 65500 en maternelle. Une nouvelle étape d'autant plus importante que l'instruction est devenue obligatoire à partir de 3 ans, conformément à la loi promulguée le 28 juillet. Dans les faits, le taux de scolarisation y était déjà de l'ordre de 98 %, mais seule une partie des plus jeunes, grosso modo une moitié, y restait la journée.

La règle est désormais qu'ils soient tous accueillis à temps plein, un moment de repos devant être proposé dans l'après-midi. Ce qui ne manque pas de « poser question », relaye Juliette Staraselski, présidente de la fédération de parents Peep Alsace. Comme le reconnaît aussi l'Éducation nationale, « les écoles n'auront pas la place de faire dormir tous les petits sur place ». D'autant, rappelle pour sa part Florence Claudepierre, présidente de la FCPE 68, que les classes « sont de plus en plus chargées, à plus de 30 comme au lycée... »
Appel au « bon sens »

Néanmoins, à ses yeux, « cette obligation légale est une bonne chose ». Aucun enfant ne pourra être refusé à l'école l'après-midi, se satisfait aussi Anne Dehestru, adjointe au maire en charge des affaires scolaires à Guebwiller. Quant à la mise en oeuvre du texte, l'élue fait confiance au « bon sens » de chacun : « Mieux vaut qu'un enfant qui en a l'occasion dorme chez lui. » Et tous en conviennent, tel Jean-Baptiste Ladaique, adjoint à l'inspectrice d'académie du Bas-Rhin, « c'est un peu tôt » pour évaluer les réels effectifs.
Bienveillanceet souplesse

Il est prévu d'« autoriser un aménagement du temps de présence à l'école des enfants scolarisés en petite section », une précision importante qui n'a pu être transmise aux équipes enseignantes, et parfois aux familles, que début juillet, avant même l'adoption de la loi, de manière « un peu ubuesque », selon un membre du Snuipp 68.

À la rentrée, les parents d'enfants entrant en première année de maternelle auront donc à préciser s'ils souhaitent les laisser la journée entière, seulement certains après-midi, ou même s'ils envisagent de les ramener après une sieste à domicile. Une demande que doit valider l'inspecteur/trice de circonscription, après avis du directeur ou de la directrice d'école. « L'application risque de différer d'une école à l'autre », craint Juliette Staraselski, espérant qu'il y ait « un seuil de tolérance ».
Antipationdans les mairies

La souplesse sera de mise, rassure l'Éducation nationale. « Il n'y aura pas de forcing, les usages seront respectés dans l'intérêt des enfants », sait Anne-Marie Haller, secrétaire départementale du syndicat des enseignants-Unsa du Bas-Rhin. « Les aménagements seront entérinés », confirme Philippe Venck, adjoint de l'inspectrice d'académie dans le Haut-Rhin. En revanche, prévient-il, « un problème d'inadéquation des locaux ne saurait être un argument ».

Concernées, puisqu'en charge du bâti, certaines mairies ont déjà anticipé des aménagements dans les salles de sieste, un modulaire a même été installé dans le Haut-Rhin. À Guebwilller, la commune s'en est inquiétée « très tôt en amont » et a acquis une quarantaine de lits pliants pour ses trois maternelles. À Colmar, précise l'adjointe au maire Odile Uhlrich-Mallet, le choix a été fait de d'abord sonder les besoins des parents en leur distribuant le formulaire.
« Changement culturel »

Enfin, la nécessité de respecter les rythmes des plus jeunes ne doit pas être prise comme un argument pour systématiser les absences l'après-midi, argumente Philippe Venck, qui compte sur un « suivi des aménagements » par les enseignants avec de possibles évolutions proposées au fil des mois. « C'est un changement culturel, mais plus on ira à l'école, mieux ce sera. » Il importera, estime de même Jean-Baptiste Ladaique, de « communiquer avec les familles pour leur expliquer les enjeux de cette scolarisation à 3 ans ».
Textes : Catherine CHENCINER