Société Rencontre annuelle des Alsaciens du monde

Publié dans le panorama le Dimanche 25 août 2019 à 07:44:56

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Société Rencontre annuelle des Alsaciens du monde
Ils évoquent leurs pays d'adoption
La rencontre annuelle des Alsaciens du monde s'est déroulée ces vendredi et samedi à Colmar. Quelque 200 personnes ont participé à cette 38 e édition. Rendez-vous a d'ores et déjà été noté pour 2020 à Strasbourg.
 

 
Chantal Ritleng, une Alsacienne installéeà Londres.
Chantal Ritleng est membre de l'Union internationale des Alsaciens depuis une petite vingtaine d'années. Un temps, elle a même été vice-présidente de l'association des Alsaciens de Grande-Bretagne. Cette native de Donnenheim a débarqué à Londres à 23 ans, après ses études d'économie et son DESS de relations internationales. « J'ai cherché du travail dans mon pays pendant un an, sans succès. Pourtant, je me souviens avoir envoyé plein de lettres. Les employeurs d'ici ne donnent pas leur chance à des jeunes car ils savent qu'ils ne pourront pas les mettre à la porte. En Angleterre, j'ai trouvé un emploi en trois jours. Pour mon premier job, j'avais deux semaines de préavis si mon patron voulait me licencier. »

En confrontant les deux systèmes de protection sociale, en France et Outre-Manche, elle commente : « Il faudrait un équilibre entre les deux, que la France donne un peu de ses mesures de protection à l'Angleterre !

Car ici, c'est impossible pour les salariés. » Et de raconter que lors d'une période de chômage, elle touchait 77 livres par semaine, avec un loyer de 1 400 livres pour un appartement d'une pièce/salle à manger. « En Angleterre, je crois que si tu n'as pas de travail, tu finis par balayer la rue ! »

Si elle a choisi la Grande-Bretagne c'est parce qu'elle y avait quelques connaissances suite à un stage de cinq mois pendant ses études.

Aujourd'hui, elle est consultante pour une entreprise qui fait des bases de données de brevets.
« La France serait le paradis sans les Français »

Le Brexit ne l'inquiète pas pour elle-même : « Je suis en train de faire les démarches pour avoir un passeport et mon entreprise travaille à l'international ». En revanche, cela l'attriste beaucoup pour ce pays qu'elle « aime » car elle est persuadée que le Brexit aura de graves conséquences économiques pour l'Angleterre. « C'est dramatique, je pense qu'ils vont souffrir... » Comment en est-on arrivé là ? « Je me demande s'il n'y a pas des raisons racistes, s'ils n'ont pas pensé qu'ainsi, ils auront moins d'étrangers. Mais ils se sont trompés car ils ont moins d'Européens, mais davantage d'extra-européens avec d'autres religions, des gens qu'ils avaient encore moins envie d'avoir ! »

Selon Chantal, il n'y a pas de racisme anti-français, même si elle ajoute : « Ils aiment bien la France, moins les Français. D'ailleurs ils disent que la France serait le paradis sans les Français.

L'Alsacienne reste très attachée à sa région où elle se rend six fois par an, « pour voir ma famille, mes parents, mes frères, mes neveux et nièces que je veux voir grandir ». Elle confie penser « régulièrement » à revenir au pays, tout en ne sachant pas vraiment... Quand elle est à Londres, elle participe aux événements et rencontres de l'Union internationale des Alsaciens : « On se retrouve dans les deux ou trois restaurants où on peut manger de la tarte flambée, on fête la Saint-Nicolas chaque année »
Textes : Annick WOEHL Notre vidéo sur dna.fr

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