Le retour de la violence dans les rues de Hong Kong

Publié dans le panorama le Dimanche 25 août 2019 à 07:40:14

© L'alsace, Dimanche le 25 Aout 2019
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Le retour de la violence dans les rues de Hong Kong
 

 
Jets de gaz lacrymogènes et charges policières ont repris à Hong Kong ce samedi. Photo Philip FONG/AFP
Alors qu'à la suite de graves dérapages, les manifestations étaient depuis plus d'une semaine redevenues pacifiques, la tension est remontée d'un cran samedi dans le quartier populaire de Kwun Tong, dans l'est de la partie continentale de Hong Kong.

Marquant la fin d'une relative accalmie, la police de l'ex-colonie britannique a utilisé samedi des gaz lacrymogènes et chargé des manifestants radicaux prodémocratie qui avaient lancé des projectiles.
Insultes, « Chinazi » et jets de pierres

Après avoir défilé dans le quartier de Kwun Tong, les milliers de manifestants vêtus de noir et portant pour beaucoup des masques à gaz et des casques de chantier ont été bloqués par des dizaines de policiers antiémeutes. Les protestataires ont érigé en travers d'une rue une barricade faite de barrières en plastique utilisées pour la circulation et de tiges de bambous servant à fabriquer les échafaudages dans le BTP. Des inscriptions « Chinazi » apparaissaient sur les murets de béton séparant les deux voies de cette artère. De nombreuses insultes fusaient des rangs des manifestants en direction des policiers, au centre depuis des semaines de l'ire des contestataires, ceux-ci l'accusant de violences.

Après quelques heures de face-à-face, des radicaux ont commencé à jeter des bouteilles sur les forces de l'ordre, ou à leur tirer dessus au lance-pierre. La riposte ne s'est pas fait attendre, la police chargeant en tirant aussi des grenades lacrymogènes, qui n'avaient plus été employées depuis dix jours.
Deux mois de contestation

Après des semaines de mobilisation essentiellement pacifique, les manifestations avaient dégénéré fin juillet et début août en des affrontements entre radicaux jetant des pierres ou des briques et les forces de l'ordre faisant un usage massif de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Il y a en outre eu le tabassage par les manifestants, à l'aéroport de Hong Kong, de deux Chinois du continent soupçonnés d'être des espions à la solde de Pékin. L'incident a généré de la part des autorités chinoises des accusations de terrorisme et des menaces croissantes d'intervention de l'armée.

Dimanche dernier, en réponse, une grande marche pacifique a été organisée dans l'ex-colonie britannique, rassemblant 1,7 million de personnes selon ses organisateurs.

Cette région semi-autonome du sud de la Chine connaît depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997. En cause, le rejet d'un projet de loi de l'exécutif local soutenu par Pékin, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.