Macron-Trump : « Il faut déconflicter »

Publié dans le panorama le Dimanche 25 août 2019 à 07:37:24

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Sommet du G7 Politique internationale
Macron-Trump : « Il faut déconflicter »
Premier jour du G7 et première rencontre en tête à tête entre les présidents français et américain à Biarritz. La France tente de faire baisser la pression pour mieux faire avancer ses idées.
 

 
À l'hôtel du Palais, à Biarritz, samedi après-midi., deux heures d'entretien en tête à tête.
Donald Trump est-il « in love » avec la France ? C'est la quatrième fois que le président américain se rend dans l'Hexagone depuis son élection en 2016 - un record pour ses voyages à l'étranger. « Le temps est parfait, l'endroit est magnifique », a-t-il brièvement commenté avant l'entretien de deux heures avec l'hôte du G7, Emmanuel Macron. Une très longue séquence en tête-à-tête, exercice assez inhabituel pour Donald Trump, où « les accords et désaccords ont été évoqués », selon l'Élysée.

Sans doute pour chauffer l'ambiance avant de venir au Pays basque - une forme de « warm-up » - le président/businessman avait frontalement attaqué la qualité des vins français et menacé de nouvelles taxes. Pour autant pas question de mettre de l'eau dans son vin : Donald Trump ne boit que du Coca zéro... Mais en traversant l'Atlantique, les murs tombent, en apparence tout du moins.

Commerce international, crise iranienne, Amazonie, le président français a souhaité aborder tous ces sujets avec son invité de prestige au restaurant du Palais de Biarritz. « Donald Trump a les idées claires, mais qu'il faut opérationnaliser », a-t-on résumé dans l'entourage du chef d'État français après l'échange. On ne manque pas de rappeler non plus qu'Emmanuel Macron « soigne le lien personnel » avec le dirigeant américain, tout en appliquant « les grandes manoeuvres ».
L'Iran au coeur des discussions

Sur l'Iran, les points de vue divergent, évidemment. « Le président Trump a expliqué qu'il ne voulait pas de confrontation avec l'Iran, mais un deal », glisse un conseiller d'Emmanuel Macron, qui, lui, est favorable à des mesures de désescalade.

Sur le commerce, comme sur le numérique, la France ne se lance pas dans une politique « anti-américaine », insiste-t-on à l'Élysée, « ni sur l'Amazonie, dans une politique anti-Bolsonaro ». On le sait, sur le climat aussi, le président américain a une attitude « sceptique ». La délégation française, sur ce dossier, a tenté de démontrer « les intérêts pragmatiques » pour apaiser les tensions. Dans le langage élyséen, on dit « déconflicter ». Des solutions d'urgence pour l'Amazonie pourraient être annoncées dès demain à Biarritz, où se trouve également comme invité le président chilien « prêt à mettre des moyens ».

Au fil des heures, si le ciel s'assombrit sur la Grande plage déserte, sur l'hôtel Bellevue, où se déroulent les réunions bilatérales, ou sur le Palais, où les dirigeants dînaient hier soir, les nuages semblent s'évaporer sur les relations entre membres du G7. « Avec l'Allemagne, on est en phase sur l'Amazonie », s'enthousiasme un conseiller du président français, « et malgré le Brexit, on a de vraies convergences avec le Royaume-Uni sur de très nombreux dossiers, dont l'Iran ». La « love story » pourrait-elle se dérouler -et durer- à sept ?
Envoyé spécial au Pays basque, Xavier FRERE