Le Sundgau ne vend pas son bois à l'Asie

Publié dans le panorama le Vendredi 09 août 2019 à 07:46:24

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Economie Exploitation forestière
Le Sundgau ne vend pas son bois à l'Asie
Non le Sundgau ne négocie pas ses coupes de bois à l'Asie, et à la Chine en particulier. Mais ce qui est vrai pour le sud du département ne l'est pas forcément pour le reste du Haut-Rhin. C'est ce qu'explique Cédric Ficht, directeur de l'agence ONF de Mulhouse.
 

 
Le bois sundgauvien est vendu à des acheteurs traditionnels dans les Vosges et en Franche-Comté.
Contrairement à des informations « informelles » qui font la conversation aux terrasses des rares bistrots encore ouverts dans le Sundgau, le bois du secteur sundgauvien ne part pas en Asie !

Le secteur couvert par l'agence ONF de Mulhouse est vaste il va de Rouffach au Jura alsacien. C'est dire la diversité des situations en matière de commercialisation des coupes de bois qui dépendent des espèces d'arbres poussant selon les secteurs géographiques ou la géologie des terrains. L'éventail des espèces va des résineux en montagne aux feuillus à plus basse altitude.
«L'export est un épiphénomène»

« Au sujet du Sundgau, l'export est un épiphénomène, indique Cédric Ficht. A notre connaissance et pour ce qui concerne l'ONF qui s'occupe des ventes publiques, il n'existe pas d'export. La forêt est principalement constituée de feuillus, chênes, frênes, hêtres. Nous sommes toujours dans un accord cadre, et depuis plusieurs années, signé avec nos acheteurs traditionnels, c'est-à-dire la Société forestière docelloise dans les Vosges et l'entreprise Piguet située en Franche-Comté. »
Ventes publiques, ventes privées

Une nuance toutefois dans cette explication de la part du directeur de l'ONF, remettant l'arbre au milieu de la forêt : « il se peut que certains propriétaires privés aient vendu des coupes de bois à des négociants mandatés pour les acquérir et ensuite les expédier en Asie. »

L'ONF a installé un système visant à réserver la vente labellisée de chênes aux habituels acheteurs. Cédric Ficht s'en explique : « lors d'une adjudication et lors du premier tour, seuls les transformateurs locaux (les négociants cités plus haut compris) peuvent soumissionner. Il y a uniquement les invendus qui peuvent être achetés au second tour par d'autres négociants. C'est donc dans ces lots adjugés lors du second tour qu'il peut y en avoir à destination du marché asiatique. »

Les forêts de résineux comme les forêts de feuillus ne sont pas au meilleur de leur forme. Les hêtres dépérissent à cause de la canicule, les résineux subissent pire sort (cf. DNA du 12.04.2019 et du 22.05.2019). Malgré ces avanies, le marché du bois perdure et la demande ne tarit pas.

Pour ce qui concerne l'agence ONF de Mulhouse, la demande la plus problématique et à laquelle l'organisme veut répondre, émane des scieries du sud-ouest de la France dont le besoin de bois de façonnage est pressant. Cependant, il y a un problème à résoudre : « le coût du transport par train reste très élevé», relève Cédric Ficht.
Des débouchés dans le sud-ouest, des difficultés pour le transport

Paradoxalement, les exportations de résineux vers la Chine sont nettement moins onéreuses : « le bois pour l'Asie est transporté par bateaux. Ils arrivent dans nos ports et repartent habituellement à vide (mais quels produits manufacturiers aurions-nous à leur vendre ? ndlr). Les containers sont alors chargés de bois». Le transport dans ce cas ne coûte rien à l'acheteur.

L'espoir demeure d'arriver à une solution pour ce qui concerne le sud-ouest : « nous sommes en train de trouver un mode de financement d'aide au transport », précise le directeur de l'ONF.

Quant aux forêts de sapins vosgiennes et au regard de l'étendue des dégâts, le marché asiatique est la dernière possibilité de les commercialiser : « si nous n'avions pas l'ouverture de ce marché, dans quelques années les sapins dépéris pourriraient et seraient invendables. «
JJT