Une pénurie d'eau guette le monde

Publié dans le panorama le Jeudi 08 août 2019 à 07:33:27

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Une pénurie d'eau guette le monde
 

 
Des pénuries d'eau ont déjà eu lieu à Chennai, à Sao Paulo, ou encore au Cap. Photo Martin BERNETTI/AFP
Et si l'eau n'était bientôt plus accessible au robinet ? Un scénario catastrophe qui ressemble de moins en moins à une fiction. Selon un rapport de World Ressources Institute (WRI), publié mardi, près d'un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave et est proche du « jour zéro », c'est-à-dire du moment où l'eau ne s'écoulera plus au robinet.
Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord principalement touchés

« L'agriculture, l'industrie, et les municipalités absorbent 80 % de la surface disponible et des eaux souterraines lors d'une année moyenne » dans les 17 États concernés, détaille le rapport. Parmi ces pays, principalement situés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, se trouvent le Qatar, Israël, le Pakistan, Bahreïn, la Libye ou encore l'Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde avec 1,3 milliard d'habitants. Ce dernier « souffre de la pire crise de l'eau de son histoire, des millions de vies et des moyens de subsistance sont menacés », a déclaré l'an dernier l'Institution nationale pour la transformation de l'Inde (NITI), un organisme gouvernemental. Récemment, des pénuries d'eau ont notamment eu lieu à Chennai (Inde) mais également ailleurs sur le globe à Sao Paulo (Brésil) ou au Cap (Afrique du Sud).

Vingt-sept pays sont également en risque de pénurie hydrique élevé. Certains sont situés en Europe comme l'Espagne, le Portugal ou encore la Belgique. Selon Andrew Steer, le PDG de WRI, « la pénurie en eau est la plus grande crise dont personne ne parle. Ses conséquences prennent la forme d'insécurité alimentaire, de conflit, de migration et d'instabilité financière ». Outre la vie humaine, la pérennisation des entreprises peut également être menacée ainsi que les différents moyens de subsistance.
Réutiliser les eaux usées

Mais dans son rapport WRI précise que des solutions existent pour gérer l'approvisionnement en eau dans les régions les plus touchées. « Environ 82 % des eaux usées de la région ne sont pas réutilisées ; exploiter cette ressource générerait une nouvelle source d'eau propre », précise le rapport. Oman, situé près du Yémen, est notamment mis en avant. Le sultanat traite 100 % de ses eaux usées collectées et en réutilise près de 80 %.

« Lorsque la demande rivalise avec les réserves, même de petits épisodes de sécheresse - qui vont augmenter avec le changement climatique - peuvent provoquer de terribles conséquences », avance WRI. D'autant que les températures n'ont pas fini de grimper. Selon les diverses estimations, elles devraient augmenter entre 1,5 et 3,5°C au cours du XXIe siècle. Une hausse qui est loin d'être la solution idoine pour enrayer les pénuries d'eau.
A. G.