Cécile Choley, une étudiante aux sommets internationaux

Publié dans le panorama le Mercredi 07 août 2019 à 07:56:12

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Cécile Choley, une étudiante aux sommets internationaux
 

 
Cécile Choley, peu avant son oral de fin d'année à Strasbourg. Photo L'Alsace /Jean-Marc LOOS
À 12 ans, elle inventait « des chansons pour sauver la planète ». Aujourd'hui, depuis avril 2018 et jusqu'en 2020, elle est l'une des deux « jeunes délégué-e-s pour le climat » à participer aux négociations internationales avec la délégation officielle française. « Cette envie a toujours coulé en moi », résume, enthousiaste et volubile, Cécile Choley, 23 ans, apprentie ingénieure à l'Engees (génie de l'eau et de l'environnement).

Se disant « assez terre à terre » et en même temps enchantée d'avoir goûté à ce « rêve international », elle s'est portée candidate à ce mandat pour saisir l'opportunité peu commune d'avoir son « propre avis » sur « l'utilité de ces grandes conférences médiatisées » et, répète-t-elle, pour « apprendre des choses ». Avide d'« emmagasiner des connaissances », elle se sentait « un peu frustrée » que dans cette grande école, « on parle très peu d'environnement ».

Cécile Choley (au centre), au côté de son ancien binôme Côme Girschig, entourée des Jeunes ambassadeurs pour le climat (JAC) à la COP 24 de Katowice, en Pologne. Photo L'Alsace Jeunes Ambassadeurs pour le climat

Après la COP 24, Cécile Choley se réjouit de prendre part à la COP 25 à Santiago, au Chili. Photo L'Alsace Jeunes Ambassadeurs pour le climat
À la rencontre des élèves

Jeunesse que les délégués ont pour mission de mobiliser, aussi postent-ils des vidéos présentant leur rôle et les enjeux des négociations. Avec son ancien binôme Côme Girschig et « une volonté commune de sensibilisation », ils sont à l'origine, en 2018, des Jeunes ambassadeurs pour le climat (JAC), un noyau d'une trentaine de recrues « motivées » pouvant multiplier les interventions dans les établissements scolaires, à Lyon, Toulouse, Grenoble...

« On a énormément de demandes et avec une association on est plus légitimes », fait-elle valoir. Elle qui « adore les conférences » y va dès qu'elle a « deux heures de trou » « pour donner des clés de lecture, des éléments critiques, entendre les préoccupations ». « Je parle aussi d'orientation, l'environnement ce sont des métiers d'avenir. J'ai rencontré 1500 élèves à Strasbourg, Mulhouse et Besançon, et j'ai même fait des cafés-Dreal. »

Car la future ingénieure, originaire de Besançon, effectue parallèlement son apprentissage à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, la Dreal de Bourgogne-Franche-Comté, qui la soutient dans son engagement et où elle travaille sur la thématique des inondations, du ruissellement en milieu rural, « un phénomène négligé » qu'elle compte développer dans sa future thèse.
« Juste sauver l'humanité »

En plus des négociations internationales « très techniques et indispensables pour que tous aillent dans le même sens », elle s'intéresse aux « feuilles de route » déclinées secteur par secteur. Pour « changer le monde », la jeune femme, cohérente, croit aux « efforts cumulés » et aux projets « à l'échelle des territoires ». « C'est là qu'il faut mobiliser les énergies, avec les élus, sur les systèmes des eaux usées, les écoquartiers, la végétation en ville... Les principaux acteurs sont les citoyens, nous sommes des pionniers. Il faut être plus ambitieux. »

Ce en quoi elle s'efforce au quotidien, essayant « modestement de planter des graines ». « Je ne mange plus de viande ni de poisson, j'achète des produits locaux, bio et en vrac. Je n'ai pas de voiture, j'explique comment compenser l'empreinte CO2 des vols en avion. » Son conjoint, pas tout à fait sur la même ligne, représente son « défi permanent », confesse-t-elle dans un éclat de rire. « Il me pousse à trouver d'autres arguments ! Il faut remettre en question notre mode de consommation, mais chacun à son rythme. »

Sans y avoir directement pris part, la récente mobilisation de la jeunesse lui paraît « très encourageante ». Quant à elle, elle continue à discuter, à se documenter « pour aller plus loin », poursuivre « le processus dans le temps ». « C'est le projet de ma vie, une question de bonheur. Je me suis fait la promesse de pas quitter cette terre sans avoir agi pour rétablir une situation catastrophique et pour que nos enfants puissent encore voir des choses merveilleuses. Il faut y croire... il s'agit juste de sauver l'humanité ! »
Textes : Catherine CHENCINER SUIVRE En vidéo sur la chaîne Youtube des Jeunes ambassadeurs pour le climat ( www.youtube.com/channel/UC-f4hWt1rvj5dpdyIXtKR0w) LIRE Le troisième volet dans L'Alsace du jeudi 8 août : Une mobilisation en germe à Munster.