metzeral - Un rocher un peu trop menaçant

Publié dans le panorama le Mercredi 07 août 2019 à 07:45:59

© L'alsace, Mercredi le 07 Aout 2019
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metzeral - Un rocher un peu trop menaçant
 

 
Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juillet, la foudre a frappé ce rocher marqué à la bombe de peinture rouge. Il menace désormais de chuter et de blesser - voire pire - des randonneurs. Photos L'Alsace /Hervé KIELWASSER
Instant d'hésitation sur les crêtes vosgiennes. Carte à la main ou main sur le front, en mode réflexion, nombreux sont les randonneurs à se poser la question : peut-on quand même passer sur cette portion du GR5 entre le col du Schaeferthal et la ferme-auberge du Schiessroth ? Sur le terrain, la réponse semble pourtant claire. Après le coup de foudre de la nuit du 26 juillet (lire ci-contre), l'éboulement de petits blocs de pierres et surtout, la menace de la chute de deux rochers bien plus importants, la mairie de Metzeral a placardé un peu partout l'arrêté interdisant d'emprunter ce secteur. Et le Club vosgien a mis en place une déviation.
« On fera vite »

Pourtant, Adrien, Janna et Sarah ne réfléchissent pas longtemps. « On est déjà monté par le Schallern [l'itinéraire de déviation, ndlr]. Pour la descente, on va quand même passer par le GR5. On fera vite », assure Adrien.

Yanic est lui aussi arrivé jusqu'au Schaeferthal par la déviation. « C'est quand même plus difficile par ce côté que par le GR5, constate cet habitant d'Épernay habitué du massif. Vu les marches qu'il y a parfois sur ce sentier, ça ne m'étonnerait pas qu'avec le report de fréquentation, on ait l'un ou l'autre accident... »

Face à lui, des randonneurs déboulent du sommet du Petit Hohneck. Une autre solution, hors balisage, pour contourner la portion fermée. « Ça fait 34 ans que je viens ici, et jamais je n'ai vu tellement de monde arriver par là, observe-t-il. Du coup, je vais peut-être essayer ce coin pour redescendre... »
« Aujourd'hui, ce sera nous les inconscients ? »

Yanic reprend la marche, tandis que deux couples, arrivant des Trois Fours, sont en plein débat face à la barrière. « On a prévu de manger à la ferme-auberge du Schiessroth », indique Carole. La terrasse de l'auberge semble en effet toute proche, là-bas, au bout du GR5. « Le risque, c'est juste que le rocher rouge, là-haut, tombe », résume Christophe, désignant du doigt le danger matérialisé par le peloton de gendarmerie de montagne. « Mais ces gens, là-bas, sont passés. » « Oui, mais c'est à leurs risques et périls. Après, on lit dans le journal que des randonneurs sont morts alors même qu'ils savaient que le chemin était barré. Aujourd'hui, ce sera nous les inconscients ? », s'interroge Sylvie.

À la ferme-auberge du Schiessroth, toujours accessible depuis le Gaschney et la vallée de la Wormsa, la situation n'a pas d'incidence sur la fréquentation. La nuit de l'orage, « on n'a rien entendu de particulier », affirme Véronique, la gérante. Et, fort heureusement, personne ne se trouvait, à ce moment-là, sur le GR5.
Textes : Esteban WENDLING PLUS WEB Voir aussi notre diaporama et notre vidéo sur www.lalsace.fr