La contestation plonge Hong Kong dans le chaos

Publié dans le panorama le Mardi 06 août 2019 à 06:42:48

© L'alsace, Mardi le 06 Aout 2019
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La contestation plonge Hong Kong dans le chaos
 

 
Depuis le début du mouvement, 420 personnes ont été arrêtées, et 139 policiers ont été blessés. Pendant la grève générale ce lundi, des manifestants se sont rassemblés à Wong Tai Sin (à droite). Photos Philip FONG/AFP et Anthony WALLACE/AFP
Nouvelles échauffourées, grève générale et blocage du métro ont plongé lundi Hong Kong dans le chaos, les autorités accusant les manifestants de vouloir « détruire » le territoire semi-autonome et la vie de ses habitants.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés lundi après-midi dans plusieurs quartiers de la mégapole contre des contestataires enhardis par l'impact de la grève générale, un événement rare dans l'ex-colonie britannique.

La mégapole, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà vécu deux mois de manifestations, de plus en plus souvent suivies d'affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces anti-émeutes. Après des échauffourées tout le week-end, des protestataires sont descendus lundi matin à l'heure de pointe dans plusieurs stations clés du réseau pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de partir.
Le gouvernement joue la carte du pourrissement

« Des perturbations aussi intensives [...] ont sérieusement sapé la loi et l'ordre à Hong Kong et poussent la ville au bord d'une situation très dangereuse », a dénoncé la cheffe de l'exécutif pro-Pékin, Carrie Lam. Elle a présenté la contestation comme une atteinte à l'existence même de Hong Kong. « J'ose affirmer que cela vise à renverser Hong Kong, à détruire complètement la précieuse vie de plus de sept millions de personnes », a-t-elle accusé, en assurant que « le gouvernement sera ferme pour maintenir la loi et l'ordre et rétablir la confiance ».

En vertu du principe « Un pays, deux systèmes », Hong Kong jouit jusqu'en 2047 de libertés inconnues dans le reste du pays. Mais de plus en plus de voix s'inquiètent de voir Pékin bafouer cet accord et accroître sa mainmise.

Lundi après-midi, sept manifestations simultanées ont eu lieu, constituant un défi pour les forces de l'ordre.
Pékin en rempart

Les autorités ont annoncé avoir tiré plus d'un millier de grenades lacrymogènes et 160 balles en caoutchouc depuis le début de la contestation le 9 juin, et ont précisé que 420 personnes avaient été arrêtées et 139 policiers blessés jusqu'à présent. Plus de 160 vols ont été en outre annulés à l'aéroport de Hong Kong, l'un des plus actifs au monde.

Beaucoup de Hongkongais disent soutenir la mobilisation, née début juin du rejet d'un projet de loi qui devait permettre d'autoriser les extraditions vers la Chine. Le texte a depuis été suspendu, mais le mouvement s'est élargi à des revendications en matière de démocratie et à la dénonciation d'un recul des libertés à Hong Kong.

Mais Carrie Lam, dont les manifestants réclament la démission, sait qu'elle peut compter sur l'appui de Pékin, l'Armée populaire de libération (APL) ayant même proposé la semaine dernière ses services pour rétablir l'ordre.