Corse : les nationalistes réclament le pouvoir législatif

Publié dans le panorama le Lundi 05 août 2019 à 06:27:41

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Corse : les nationalistes réclament le pouvoir législatif
 

 
Réunis à Corte, les principaux cadres des mouvements nationalistes corses ont réclamé dimanche davantage d'autonomie pour l'île. Photo Julien STEINHAUSER/DNA
Autrefois cantonnées au campus universitaire de la ville, les Journées, ou « Ghjurnate », ont migré depuis 2017 vers la citadelle de Corte. De quoi surprendre les touristes. Ou les intéresser, c'est selon ! À l'image de Montserrat Puigdemont, la soeur du leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont, qui avait fait le déplacement à Corte, les représentants de plusieurs organisations régionalistes y ont défié les États-nations qu'ils accusent d'empêcher la construction « d'une Europe fédérale des régions ».

En Corse, une coalition de partis nationalistes (les autonomistes de Femu a Corsica et les indépendantistes de Corsica Libera) a accédé aux responsabilités de la collectivité unique de Corse, née le 1er janvier 2018 de la fusion des deux ex-départements et de la région.
Relations tendues avec Paris

Si la création de cette collectivité à statut particulier a été vécue comme une avancée sur l'île, les relations avec Paris n'en restent pas moins tendues. « L'institution reste imparfaite », juge Josepha Giacometti, conseillère territoriale Corsica Libera. « Nous réclamons l'autonomie pleine et entière », insiste Petru-Anto Tomasi, autre cadre du parti Corsica Libera, qui regrette que le gouvernement refuse de prendre en compte les quatre revendications principales portées par les nationalistes : l'octroi d'un pouvoir législatif à la collectivité de Corse ; l'officialisation de la langue corse aux côtés du français ; la création d'un statut de résident limitant l'accès à la propriété foncière aux personnes habitant en Corse depuis cinq ans ; l'amnistie des militants du FLNC actuellement emprisonnés. L'organisation clandestine a renoncé aux actions armées depuis 2014.

Les « natios » espèrent de nouvelles victoires aux élections municipales de mars 2020 et territoriales de mars 2021, pour « maintenir un rapport de force avec Paris sur ces sujets ». D'où les appels insistants formulés dimanche à Corte pour reconduire l'union des forces nationalistes, avant les prochaines échéances électorales.
À Corte, Julien STEINHAUSER