Fusillades : l'Amérique face à ses démons

Publié dans le panorama le Lundi 05 août 2019 à 06:24:57

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Fusillades : l'Amérique face à ses démons
 

 
Des repères placés par la police à Dayton en Ohio, où un terroriste a tué neuf personnes en moins d'une minute, avant d'être abattu. Photo Megan JELINGER/AFP
Au lendemain de la tuerie d'El Paso au Texas, qui a fait vingt morts samedi matin à la frontière mexicaine, les États-Unis se sont réveillés dimanche endeuillés par une nouvelle fusillade, cette fois dans le nord du pays.

Le carnage s'est produit aux environs de 1 heure du matin, dans un quartier de Dayton (Ohio), réputé pour son animation nocturne. Armé d'un fusil d'assaut, un homme a ouvert le feu sur le trottoir, tuant neuf personnes, avant d'être rapidement abattu par des policiers présents sur place. Selon les autorités, 27 personnes ont également été blessées lors de la fusillade.

« Si la police de Dayton n'avait pas neutralisé le tireur en moins d'une minute, plusieurs centaines de personnes auraient été tuées dans le district d'Oregon », a déclaré Nan Whaley, la maire de la ville. De nombreuses munitions ont été retrouvées sur le suspect, qui portait un gilet pare-balles.

Le tireur a été identifié comme Connor Betts, un étudiant de 24 ans, résidant près de Dayton. La présence de la soeur du suspect, Megan Betts, 22 ans, dans la liste des victimes, pourrait orienter l'enquête vers la piste d'un déséquilibre mental ou d'un drame familial.
« Terrorisme domestique »

Ce nouveau drame survient quelques heures après la fusillade d'El Paso (Texas), au cours de laquelle un homme avait ouvert le feu samedi matin dans un supermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, très importante dans cette ville frontalière avec le Mexique. Le dernier bilan est de 20 morts et 26 blessés, dont certains dans un état critique.

Le suspect, identifié comme Patrick Crusius, un homme de 21 ans résidant près de Dallas, s'est rendu à la police sur place. La tuerie a été reconnue dimanche par les autorités américaines comme un cas de « terrorisme domestique ». Selon la police, la motivation raciste ne fait aucun doute : un manifeste attribué au tireur, circulant sur Internet, dénonce notamment « une invasion hispanique du Texas ». Le texte fait également référence à la tuerie des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, au cours de laquelle un suprémaciste blanc avait abattu 51 personnes le 15 mars dernier.

« Nous demanderons la peine de mort », a déclaré dimanche le procureur d'El Paso, au cours d'une conférence de presse.

Les deux drames ont provoqué une onde de choc dans le pays, notamment parmi les responsables politiques, et replacé la menace du « terrorisme blanc » sur le devant de la scène. « Notre pays est la cible d'un terrorisme nationaliste blanc conduisant à des meurtres sur notre sol et encouragé par de faibles lois sur les armes », a notamment dénoncé Pete Buttigieg, candidat à la primaire démocrate. Beto O'Rourke, autre prétendant démocrate à la Maison Blanche, originaire d'El Paso, a également reproché au président Donald Trump d'« attiser le racisme » avec ses discours incendiaires anti-immigrés.
J.-M. L. (avec AFP)