Johnson déjà affaibli au Parlement

Publié dans le panorama le Samedi 03 août 2019 à 06:49:13

© L'alsace, Samedi le 03 Aout 2019
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Johnson déjà affaibli au Parlement
 

 
Les partisans du « remain » (« maintien » dans l'UE) restent mobilisés devant le Parlement de Westminster à Londres. Photo NIKLAS HALLE'N/AFP
Il promet la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) le 31 octobre avec ou sans accord avec Bruxelles. Mais les choses se compliquent pour Boris Johnson. A peine installé au 10 Downing Street et voici le tout nouveau Premier ministre britannique déjà fragilisé par un revers électoral. Jeudi, son Parti conservateur a perdu le siège de la circonscription de Brecon et Radnorshire au Pays de Galles (ouest) remporté par le parti Libéral-Démocrate, pro-UE. Les Tories ne disposent désormais que d'une majorité d'une seule voix à la Chambre des Communes. Et encore, cette majorité comprend les dix députés ultra-conservateurs du DUP nord-irlandais.
La Banque d'Angleterre remet la pression

« Ma toute première action en tant que députée quand j'arriverai à Westminster sera de trouver Boris Johnson où qu'il se cache et lui dire haut et fort : arrêtez de jouer avec l'avenir de nos communautés et écartez un Brexit sans accord », a déclaré la Galloise Jane Dodds élue à Brecon.

Au Pays de Galles, les éleveurs de moutons s'inquiètent des conséquences d'un « no deal », et craignent que leurs exportations vers l'Union n'en paient le prix fort.

Une majorité de députés sont déjà hostiles à un Brexit sans accord et l'UE n'entend pas rouvrir les négociations. Vendredi, la Banque d'Angleterre (BoE) a accentué sa pression sur le Brexiter Johnson, prévenant qu'un « no deal » provoquerait un « choc instantané » pour l'économie britannique. « Des entreprises ne seront plus en capacité de fonctionner » et « un nombre important » pourrait fermer, alerte son gouverneur Mark Carney, citant l'automobile, l'industrie chimique et l'industrie alimentaire parmi les secteurs particulièrement menacés. Dans son rapport trimestriel publié jeudi, la BoE a également revu à la baisse ses prévisions de croissance à 1,3 % pour 2019 et 2020, du fait notamment des incertitudes autour du Brexit qui dissuadent les entreprises d'investir.