Le TGV accélère sur la voie de la croissance

Publié dans le panorama le Vendredi 02 août 2019 à 06:25:53

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Le TGV accélère sur la voie de la croissance
 

 
Fer de lance du train à grande vitesse, l'offre low cost Ouigo tire le trafic vers le haut et permet à la SNCF de reprendre des parts de marché aux autocars longue distance et au covoiturage. Photo Georges GOBET/AFP
« La très bonne nouvelle, c'est que le train a le vent en poupe. » Guillaume Pepy a de bonnes raisons d'être optimiste. Les résultats sont même encore meilleurs que ceux que le PDG de la SNCF pressentait début juillet. Le nombre de voyageurs dans les TGV est en hausse de 16,9 % sur les six premiers mois de l'année. La longue grève de 2018 explique en partie cette croissance exceptionnelle. Mais si on se réfère au premier semestre 2017, le trafic augmente de 11,1 %. Cette progression à deux chiffres confirme l'engouement pour la grande vitesse malgré les critiques récurrentes sur le prix élevé des billets et le manque de ponctualité des TGV.
Les TER en hausse de 15,9 % en deux ans

Les trois mois de grève par intermittence de 2018 n'ont pas empêché l'adoption de la réforme ferroviaire, ni détourné les Français du train. Les Ouigo et leurs petits tarifs tirent la croissance du TGV vers le haut. L'offre low cost lancée pour contrecarrer les autocars longue distance et le covoiturage a atteint ses objectifs. Sa montée en puissance va continuer jusqu'à représenter un TGV sur quatre en 2020, au moment de l'arrivée de la concurrence.

Les trains express régionaux (TER) affichent également de très bons résultats avec une hausse de fréquentation de 21,4 %, ramenée à 15,9 % par rapport à 2017. Le transfert de plusieurs lignes Intercités aux Régions contribue au dynamisme des TER.

La forte croissance du TGV est une très bonne nouvelle pour Alstom. La SNCF vient d'annoncer la commande de 12 nouvelles rames Océane pour faire face à l'augmentation du trafic. Elles seront mises en circulation à partir de 2021 sur les lignes Paris-Rennes, Paris-Nantes et Paris-Metz-Nancy. « Cette commande permettra, en particulier, d'assurer la charge de travail des sites de La Rochelle et de Belfort en 2020 et 2021, avant la livraison des trains de nouvelle génération commandés en 2018 », explique Jean-Baptiste Eyméoud, PDG d'Alstom France.
Du travail pour 520 salariés à La Rochelle et Belfort

L'an dernier, la SNCF a passé commande de 100 rames du TGV du futur mais leur livraison ne commencera qu'à partir de 2023 à cause des délais de conception et de mise en production. Les TGV Océane, avec deux niveaux et 556 sièges, sont, eux, prêts à être fabriqués très rapidement. La commande de douze rames supplémentaires pour un montant total de 335 millions d'euros s'ajoute à celle de 55 trains du même modèle, dont 41 ont déjà été livrés et 14 autres sont en cours de livraison sur l'axe Atlantique.

Alstom, qui craignait un trou de deux ans dans son plan de charge, estime que ces nouvelles rames Océane donneront du travail pour 400 salariés à La Rochelle et 120 à Belfort.

Les voyants ne sont pas tous au vert à la SNCF. La dette supportée par la filiale en charge du réseau ferré s'est encore alourdie de 3 milliards d'euros en un an. Elle pèse désormais 51,6 milliards d'euros. Après avoir poussé la SNCF à investir tous azimuts dans des lignes TGV très coûteuses, au détriment de l'entretien des trains du quotidien, l'État s'est engagé à reprendre une grosse partie de cette dette colossale : 25 milliards en 2020 puis 10 milliards en 2022.
Luc CHAILLOT