Environnement Camp climat de Kingersheim : « Il y a un mouvement de fond »

Publié dans le panorama le Vendredi 02 août 2019 à 06:00:22

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Environnement  Camp climat de Kingersheim
Environnement Camp climat de Kingersheim : « Il y a un mouvement de fond »
Depuis ce jeudi et jusqu'au 11 août, un millier de militants participe au Camp climat organisé par Alternatiba, Les Amis de la terre et ANV-COP 21 à Kingersheim. En plus d'échanger des expériences, ils suivent des formations pour contrer des projets néfastes à l'environnement.

 
Première assemblée plénière à l'ouverture du Camp climat, hier après-midi, en présence du maire Jo Spiegel, très applaudi, pour lequel « il y a une rupture à construire dans la non-violence ».
Tous sont là avec le même constat, partagé ce jeudi par les organisateurs du Camp climat, en place jusqu'au 11 août à Kingersheim, près de Mulhouse, comme par le maire de la commune Jo Spiegel : « Les petits pas ne suffisent plus, il faut une mobilisation forte. » Laquelle « grandit » bel et bien, à voir le millier de participants de toute la France inscrit aux quelque 300 ateliers de formation proposés par ANV (Action non violente)-COP21, Alternatiba et Les Amis de la terre, avec l'apport de partenaires tels Greenpeace, ATD Quart-Monde, Act Up...

Jeunes (pour beaucoup) et moins jeunes, qu'ils aient pris part ou non aux marches successives pour le climat, à la pétition « L'Affaire du siècle », ou à des actions de rébellion, ils constituent, observe Khaled Gaiji, président des Amis de la terre, un « nouveau mouvement de fond » face à l'urgence du réchauffement climatique et aux efforts jugés insuffisants de l'État français pour le contrer.
Réflexion collective

Ils étaient environ 300 lors du premier Camp climat dans le Lot-et-Garonne, en 2016, après la COP21 à Paris, puis 600 dans les Pyrénées-Orientales en 2017. « Cette année, nous nous sommes lancé le défi de changer d'échelle », au point qu'il a fallu refuser du monde, ont précisé Raquel Diaz Gonzalez et Claudine Darque, d'ANV-COP21/Alternatiba, deux des coordinatrices de l'événement.

À tous, il s'agit, durant ces dix jours, de donner « des outils » pour apprendre à « stopper des projets néfastes au climat et permettre de vraies alternatives » à développer « dans les territoires ». Des ateliers portent ainsi sur les campagnes en cours, sur la création d'un groupe local, la communication via les réseaux sociaux, ou encore sur des techniques de résistance et désobéissance civile.

Il s'agit aussi « de créer du lien », d'échanger les expériences de manière conviviale, de nourrir la réflexion collective. Le tout aboutissant, les 9 et 10 août, à une mise en pratique de cette « montée en compétences » lors d'une « simul'action », un exercice d'action non-violente grandeur nature dont le scénario est encore tenu secret.

D'ici là, les participants, logés et nourris sur place (dans la monnaie locale existante, la Cigogne), donnent aussi de leur temps (2 h 30 à 3 h par jour) en participant aux tâches quotidiennes, à l'hygiène des sanitaires ou à la cuisine, « pour que ça fonctionne correctement ».
« Territoire en lutte »

Tout aussi indispensable est le fort soutien local consenti par les Sheds, lieu associatif proposant, entre autres, un « café-resto-théâtre écologique », ainsi que la mairie de Kingersheim qui a mis ses installations à la disposition des campeurs du climat, de la salle polyvalente au Cosec, de la cour du collège à la Maison de la citoyenneté... D'ailleurs, les organisateurs, semble-t-il amateurs de jeux de mots, ont eu en retour une pensée pour le maire en baptisant l'un des lieux de formation le « Dojo Spiegel ».

Quant aux choix de rallier la ville alsacienne en 2019, après deux éditions dans la campagne, il est de l'ordre de l'évidence pour Zoé Lavocat, membre de la coordination d'ANV COP21. Non seulement la commune, engagée dans une transition écologique en même temps que démocratique, est partenaire de la campagne Alternatives territoriales, mais en outre toute la région apparaît comme « un territoire en lutte » contre le GCO de Strasbourg, les déchets de Stocamine... Un territoire fort d'un « terreau militant et associatif fertile » susceptible d'aider à semer de nouvelles graines de mobilisation.
Catherine CHENCINER