Le GPO : un partenariat entre police et acteurs du territoire

Publié dans le panorama le Jeudi 01 août 2019 à 06:20:10

© L'alsace, Jeudi le 01 Aout 2019
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Le GPO : un partenariat entre police et acteurs du territoire
 

 
Les gardiens de la paix effectuent des patrouilles régulières et aléatoires sur des lieux publics signalés, comme ici la Passerelle des Trois-Pays qui enjambe le Rhin, entre Huningue et Weil am Rhein. Photo DNA /G.M.
Le nouveau dispositif GPO a été lancé à Saint-Louis et Huningue, les deux communes de la circonscription police. Sur un mode bicéphale, dès le mois de mai dernier, deux groupes de partenariat opérationnel (GPO) ont été installés. L'un pour Saint-Louis, animé par le commandant et chef de la circonscription, Bertrand Muesser, et l'autre pour Huningue, piloté par son adjoint, le commandant Bertrand Lack.
« Trouver des réponses en commun sur des problématiques récurrentes... »

Sous le couvert de la Direction départementale de la sécurité publique, les deux chefs ont engagé leurs premières réunions avec, autour de la table du commissariat, les acteurs du territoire : maires, responsables des polices municipales, bailleurs sociaux, responsables des transports en commun, chefs d'établissements scolaires, animateurs sociaux, responsables des cultes...

L'intérêt de ces échanges programmés chaque mois ? « Trouver des réponses en commun sur des problématiques récurrentes qui relèvent de la sécurité mais également des compétences de nos partenaires », précise le commandant Muesser. Le contact direct favorise une meilleure connaissance des acteurs en présence et bonifie leurs rapports. Les policiers constatent qu'en dehors des réunions, les partenaires les appellent plus facilement. « Nous apprenons des choses à la faveur d'une meilleure connaissance des hommes. »

Dans ce cadre, les représentants des différentes entités font ressortir ce qui leur pose problème. Afin de cibler l'ensemble des difficultés, ils exposent des faits bien précis. Livrent aussi les ressentis des citoyens les plus vindicatifs. À Saint-Louis et Huningue, il est notamment question de troubles dans les transports en commun, d'occupations sauvages, de rassemblements de jeunes dans un immeuble, d'états d'ébriété, d'allées et venues suspectes dans un foyer, de mendicité avec des enfants sur la voie publique... « Nous ne pourrons pas forcément apporter une réponse immédiate mais nous avons besoin d'être informés », souligne le commandant Lack. « On ne dérange jamais la police ! Appelez-nous, nous ferons au mieux », déclare-t-il à ceux qui hésitent encore ou ne jugent pas nécessaire d'alerter la police en cas de troubles. Il souligne un travail en commun quand, auparavant, chacun s'y collait « de manière isolée ».
Déjà des retombées positives

Lors des rencontres du GPO, il s'agit de savoir si cela vaut la peine ou non de développer une action. « Est-ce que le fait exposé est une réalité ou pas ? » Avant même de trouver des solutions, les policiers travaillent dans l'anticipation, conseillent et orientent les partenaires vers d'autres acteurs : « On dépasse l'habituelle rigidité pour faire du social, de la prévention, du relationnel. » Lorsqu'une situation a été évaluée de manière collégiale, les partenaires peuvent alors établir un diagnostic qui servira de base de travail aux policiers pour fixer un délai et engager une action spécifique. Et c'est là que, pour les policiers, le travail de terrain commence. « Nos services travaillent 24 heures sur 24, là où d'autres acteurs, comme notamment les bailleurs sociaux, ne sont pas toujours présents », notent les commandants. Ils orientent leurs patrouilles, s'affranchissent de toute routine. Cela se traduit par des passages aléatoires sur des lieux signalés comme sources de problèmes. En marge des représentants des partenaires institutionnels, l'effectif du commissariat de Saint-Louis/Huningue rassemble 38 policiers, tous impliqués dans ces actions. Comme le sont les cinq policiers municipaux de Huningue et les quatre autres de Saint-Louis.

À chaque nouvelle réunion, un bilan de la précédente est dressé. Si une problématique abordée précédemment semble réglée, les policiers la mettront en sommeil ou la réactiveront selon un nouveau mode opératoire. Car le GPO se veut pérenne. Trois mois seulement après les premiers échanges, les policiers mesurent déjà des retombées positives. Le commandant Lack, à Saint-Louis, constate, depuis septembre dernier, que les partenaires s'investissent. « Ici, on travaille sur le long terme, dans la polyvalence et sans oeillères... J'en apprends tous les jours. » Il met l'accent sur les nombreuses activités par fonctionnaire et rajoute « qu'en termes de ratio, on pourrait travailler avec un tiers de policiers en plus ». Tandis qu'à la tête du commissariat, le commandant Muesser relève : « Je souhaitais depuis longtemps avoir un contact direct avec ceux qui sont confrontés à l'ordre public. » S'il a toujours essayé de mettre en oeuvre une police de proximité, il vérifie aujourd'hui qu'avec les acteurs institutionnels, « c'est un plus qui porte ses fruits. Alors on continue d'y croire... ».
Ghislaine MOUGEL