Horbourg-Wihr Au 50 Grand-Rue, les fouilles se poursuivent

Publié dans le panorama le Jeudi 01 août 2019 à 06:02:13

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Horbourg-Wihr Au 50 Grand-Rue, les fouilles se poursuivent
 

 
Archéologue spécialiste de la Protohistoire et de la période gallo-romaine, Muriel Roth-Zehner est responsable du chantier de fouilles du 50 Grand-Rue à Horbourg-Wihr. Photo L'Alsace/Hervé KIELWASSER
Chantier contigu à celui de la place du 1er-Février-1945, le site de fouilles du 50 Grand-Rue à Horbourg-Wihr, démarré en 2015 avec un sondage préliminaire, se poursuit au rythme de trois semaines par an grâce à une équipe constituée de professionnels d'Archéologie Alsace, de bénévoles appartenant à l'association locale ARCHIHW et d'étudiants accueillis pour apprendre le métier, soit entre 18 et 22 personnes chaque jour.
Une ville qui connaît son apogée au IIe siècle

Les richesses archéologiques qui ont été mises au jour témoignent, à partir des années 20-30 de notre ère, de la trame d'un premier urbanisme, avec un réseau de rues et de routes. Une véritable ville se développe, qui connaît son apogée au milieu du IIe siècle.

« Cette année, nous étudions plus particulièrement les vestiges d'un bâtiment incendié à la fin du IIIe siècle, ainsi qu'une toiture effondrée de la même époque », indique Muriel Roth-Zehner, archéologue spécialiste de la Protohistoire et de la période gallo-romaine, responsable du chantier de fouilles du 50 Grand-Rue. L'archéologue espère que l'effondrement et l'incendie auront « piégé » des éléments tels que de la céramique, des ossements d'animaux, des pièces de monnaie, des bijoux, des éléments en bronze, etc.

« Dans 99 % des cas, ce sont les céramiques que nous retrouvons qui nous permettent de dater les vestiges. » Du site a déjà été extraite une belle collection de céramiques qui sera exposée lors des visites proposées le samedi 3 août. « Il s'agit d'une production locale, mais certaines proviennent du Nord de l'Allemagne, d'Espagne, d'Italie et même d'Afrique. »

Il y a deux ans, l'équipe avait pu fouiller des puits carrés constitués de planches de bois qui plongeaient jusque dans la nappe phréatique, correspondant à une activité artisanale qui n'a pas pu être identifiée. « En revanche, nous y avons retrouvé des noyaux et pépins de raisins, pêches, griottes, des céréales, etc., qui nous ont permis de connaître l'environnement et l'alimentation des habitants. »

Autre découverte remarquable : un médaillon en or très rare - on n'en compte que sept en Europe - à décor ajouré datant du IIIe siècle après J.-C.