Subventions : inquiétude et colère au Planning familial

Publié dans le panorama le Jeudi 01 août 2019 à 05:59:46

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Société Prévention
Subventions : inquiétude et colère au Planning familial
Le centre du Rhône déplore un manque à gagner de plus de 43 000 euros et annonce une baisse de la subvention de l'État de 10  % en moyenne dans les antennes départementales du Planning familial en Auvergne-Rhône-Alpes. Les autres régions sont dans le flou.
 

 
La tenue d'un « Grenelle des violences conjugales » le 3 septembre prochain ne rassure pas le Mouvement du Planning familial, qui attend d'abord de recevoir sa subvention de l'État pour assurer ses missions au quotidien.
Est-ce un coup de poignard dans le dos du Planning familial ? « Le gouvernement fait beaucoup de communication autour de la lutte contre les violences conjugales. Parallèlement, il baisse les moyens des structures qui font le boulot au quotidien. Et pourtant, 82 féminicides ont été enregistrés depuis le début de l'année, c'est du jamais vu ! », tempête Marion Athiel, du Planning familial du Rhône.

En 2019, l'association départementale verra sa subvention de l'État amputée de 43 438 euros. « C'est l'équivalent d'un temps plein sur quinze dans notre centre », souligne Marion Athiel, membre du conseil d'administration. « Non seulement la subvention 2019 est ramenée de 122 136 à 109 624 euros, mais, de plus, nous ne recevrons pas le solde 2018 de 30 966 euros que nous attendions. »
La prévention et l'écoute sacrifiées ?

D'ici à la fin de l'année, l'association n'envisage toutefois aucun licenciement. En revanche, le « Planning 69 » se sent menacé dans ses missions d'éducation et de prévention, qui sont financées par cette subvention de l'État. Les séances collectives d'éducation à la sexualité dans les établissements scolaires et dans les centres d'hébergement pour personnes en situation de handicap pourraient faire les frais de cette coupe budgétaire. L'écoute et le suivi des difficultés familiales et conjugales aussi. « D'autant que cette baisse risque de se répéter en 2020 », alerte encore Marion Athiel. La représentante du Planning familial du Rhône s'inquiète d'une réduction de 10  % en moyenne de la subvention de l'État à l'échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Tous les départements seront concernés à l'exception de la Loire. L'Isère devra faire avec 12 000 euros en moins (-9 %). »

Financées par les Départements, les consultations médicales ne sont en revanche pas en péril.
Au niveau national, « le grand flou »

La France métropolitaine et d'outre-mer compte 75 centres de Planning familial. Outre Auvergne-Rhône-Alpes, d'autres régions ont elles aussi tiré la sonnette d'alarme ? « Pour l'instant, on est dans un grand flou. La moitié de nos associations locales n'ont aucune certitude concernant leur financement. À ce jour, seule la somme de 585 000 euros a été confirmée sur notre enveloppe annuelle de 1,4 million. D'ordinaire, à cette époque de l'année, nous avions déjà une réponse », constate Caroline Rebhi, coprésidente du Planning familial à l'échelon national. « On a demandé des éclaircissements au secrétariat d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Un rendez-vous est programmé en septembre. »

Contacté, le secrétariat d'État de Marlène Schiappa précise : « Les subventions allouées aux associations sont de l'ordre de 5,06 millions d'euros, en hausse de plus de 20 % ». Mais Caroline Rebhi s'inquiète cet été de la redistribution de la subvention de l'État. « Depuis cette année, elle est versée par les Directions régionales aux droits des femmes et à l'égalité. Il ne faut pas que l'argent qui était dédié au Planning serve à d'autres actions contre les violences. »
Christine BERANGER