COLMAR : La météo d'ailleurs vue d'ici

Publié dans le panorama le Mercredi 31 juillet 2019 à 06:09:48

© Dna, Mercredi le 31 Juillet 2019
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CANICULE Et qu'en pensent nos touristes ?
COLMAR : La météo d'ailleurs vue d'ici
Ils arrivent de Bogota, Téhéran, Houston, Grenade ou Pékin. De la canicule aux nuits d'orages, les touristes colmariens racontent comment ils ont vécu les derniers soubresauts de la météo.
 

 
Le regard de notre dessinateur sur les derniers épisodes climatiques.
Assises sur une terrasse place de la Cathédrale, deux touristes américaines, Lisa et Brittany, se partagent une tarte flambée et un quart de blanc d'Alsace jeudi dernier, sans verser une goutte de sueur. La température approche pourtant les 40 degrés. « La canicule ? Quelle canicule ? », interroge la première. Sans ironie. « Chez nous, au Texas, c'est toujours pire ».

Les deux jeunes femmes ont grandi près de Houston. Le mois de juillet est « le plus dur » de l'année à les entendre. « Il fait non seulement plus chaud qu'en Europe, mais il pleut aussi quasiment tous les jours ». La sécheresse sans humidité, ça leur convient parfaitement. Cette semaine, il faisait encore 25 degrés la nuit dans la deuxième plus grande ville du sud des États-Unis après Dallas.
« En Andalousie, il y a de l'air frais partout »

« Il fait quand même anormalement chaud », soulignent Alejandro et Monica. Ces touristes débarquent de la région de Grenade. « On dépasse souvent les 40 degrés en Andalousie, mais les températures baissent le soir, ce qui n'est plus le cas », relèvent ces retraités. À ceux qui voudraient visiter l'Alhambra, ils conseillent de « venir plutôt au printemps, ou alors fin septembre ».

Plus que la chaleur, c'est l'absence de climatisation qui les perturbe. « Chez nous, forcément, il y a de l'air frais partout ou presque, si on en cherche, dans les restaurants, les trains, les bus... Sinon, ce serait intenable ». À la table d'à côté, un couple de Flamands joue du muscle. « Ça change de nos étés pourris ». À Ostende, en face de la mer du Nord, il fait « rarement plus de 22 ou 23 degrés ».
« La chaleur a surpris tout le mondeà Trondheim »

« J'encaisse bien le froid, mais cette chaleur m'épuise », geint un solide Norvégien. Il a arrêté son immense 4X4 place de la Cathédrale en fin de semaine dernière. « On descend entre amis 3 700 km plus bas dans le sud de l'Espagne, où on espère trouver des vagues et de la fraîcheur. Cela dit, il faisait aussi très chaud à Trondheim la semaine passée, ce n'était pas que chez vous, ça a surpris tout le monde ».

Les températures accablantes ont gagné la plupart des pays nordiques avec même des nuits tropicales selon les régions. Des villes du nord de la Norvège ont enregistré des thermomètres au-delà de 36 degrés, égalant ou dépassant des records vieux d'un demi-siècle. « Il reste une constante : il fait toujours froid en hiver, et notre pays est toujours le plus beau d'Europe », fanfaronne le chauffeur.
« Rafraîchissante » choucroute

Sur une terrasse au bord de l'eau, la choucroute est un plat « rafraîchissant » pour ces ceux jeunes Chinoises venues de Beijing (ou Pékin), le fleuron de la République populaire. Deux jours plus tôt, elles ont déjà savouré une fondue au fromage autour du « fantastique » lac de Brienz, en Suisse.

« Ce sont des plats hivernaux, on le sait, mais on ne reviendra pas tous les ans ».

Les nombreux touristes européens qui les visitent dans leur capitale ne sont pas trop dépaysés. « Il fait froid l'hiver et chaud l'été, exactement comme chez vous ». Dans la région reine du canard laqué, une autre habitude alimentaire est ancrée : « Il y a partout des distributeurs d'eau bouillante pour faire du thé. Il réchauffe quand il fait froid et désaltère pendant les grosses chaleurs ».
Plus chaud qu'à Bogota

Dimanche, Parissa « profitait » de la pluie place des Six-Montagnes-Noires. Chez elle, à Téhéran, il ne pleut quasiment jamais. « L'été est très très très chaud, ma mère m'a dit au téléphone qu'il faisait plus de 40 cette semaine, ça ne baisse pas beaucoup le soir ». Pour éviter ce climat méditerranéen sec, mieux vaut privilégier le printemps ou l'automne pour se promener autour des jardins du palais du Golestan.

Ce début de semaine, il y avait aussi cette famille colombienne épatée par la Maison Pfister. Leur petit tour d'Europe démarre sous un ciel clément. « 28 degrés, du soleil, c'est le bonheur, s'exclament les vacanciers ». Chez eux à Bogota, 2 600 mètres d'altitude, et quinze degrés de moins en cette période, on dépasse rarement les 20 degrés.
Philippe VIGNERON