General Electric : bras de fer en vue

Publié dans le panorama le Mardi 30 juillet 2019 à 05:48:49

© Dna, Mardi le 30 Juillet 2019
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Social Industrie
General Electric : bras de fer en vue
Les syndicats ont remis lundi la pression sur le gouvernement pour tenter de contrer le plan social annoncé par General Electric, qui prévoit 1 050 suppressions d'emplois en France.
 

 
Selon l'intersyndicale, il est encore possible de sauver les emplois que GE s'apprête à supprimer.
Depuis Belfort où 800 emplois sont menacés, l'intersyndicale de General Electric (GE) a lancé lundi une nouvelle « mise en demeure » au ministre de l'Économie Bruno Le Maire, lui donnant jusqu'au 15 août pour répondre à ses demandes.

Et dans le même temps, depuis son siège de Montreuil, dans la banlieue parisienne, la CGT a présenté un « plan B » en dix points pour assurer l'avenir de GE en France.

Dans un accord du 4 novembre 2014, GE s'engageait auprès de l'État français à développer la filière de turbines à gaz de GE Belfort que le groupe américain venait d'acquérir avec la branche énergie d'Alstom. Mais il promettait surtout de générer un millier d'emplois « hautement qualifiés » en France d'ici à la fin 2018, jamais créés alors qu'il prévoit désormais d'en supprimer autant.

L'intersyndicale exige de Bercy « une analyse "robuste" permettant de vérifier la réalité des engagements pris » par le groupe, ainsi qu'une « réunion immédiate » du comité de suivi du plan social dont Bruno Le Maire avait annoncé lui-même la création lors d'une visite à Belfort le 3 juin.

Elle reproche également au ministre, qui avait une nouvelle fois assuré les salariés de GE de son « engagement total » en leur faveur quelques jours plus tôt, d'être resté « totalement silencieux » sur sa demande de suspension du plan social.
Jusqu'à 2 000 emplois menacés

Selon l'intersyndicale, l'État pourrait infliger à GE, en vertu de la loi Pacte, une sanction financière pouvant atteindre le double du montant de l'acquisition de la branche énergie d'Alstom par GE, qui s'élevait à 12 milliards d'euros.

Quant au « plan B » de la CGT, il réclame, entre autres points, un moratoire sur le plan social, un débat national sur les enjeux énergétiques et une prise de participation publique majoritaire au capital de GE EPF (Belfort) à travers la Banque publique d'investissement.

Selon la CGT, ce sont non pas 1 050 mais 2 000 emplois qui sont menacés en France via des plans sociaux et ruptures conventionnelles à Belfort, mais aussi Villeurbanne et Aix-les-Bains chez Grid (réseau), à Massy chez Stream (turbines vapeur), à Nantes dans Wind (éolien).

Le syndicat propose également de renforcer la recherche et développement, de diversifier l'activité en confiant à Belfort non seulement la fabrication des turbines mais aussi leur réparation, effectuée aujourd'hui aux États-Unis.