dna « Le rejet écologique, c'est celui qu'on évite »

Publié dans le panorama le Dimanche 28 juillet 2019 à 06:23:07

© Dna, Dimanche le 28 Juillet 2019 
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« Le rejet écologique, c'est celui qu'on évite »
 

 
La présence de polluants émergents dans les eaux usées pose des problèmesaux stations d'épuration. Ici, celle de Mulhouse à Sausheim.
La présence de polluants émergents dans les eaux usées pose des problèmes aux stations d'épuration, conçues pour « diminuer la charge organique », explique Baptiste Rey de l'Aprona. Pour réduire voire supprimer ces composants, il faudrait modifier les stations, en les équipant de filtres à charbon par exemple. Pour le moment, les collectivités de plus de 10 000 habitants doivent, depuis une note technique de 2016, effectuer des analyses en entrée et en sortie des stations d'épuration. Il s'agit de poser un diagnostic « avant de se lancer dans des traitements chers et inefficaces », détaille Miguel Nicolaï, qui souligne la tendance à remplacer une molécule identifiée comme préoccupante par une autre, qu'on connaît mal et qui peut passer à travers les mailles du filet.
« Il faut qu'on changenotre vie »

« Le rejet écologique, c'est celui qu'on évite » résume l'expert de l'Agence de l'Eau, qui cite en exemple une initiative vosgienne. « Se soigner sans polluer » appelle médecins, pharmaciens et consommateurs à utiliser les médicaments les moins nocifs lorsqu'ils sont disponibles. La Ville de Strasbourg, quant à elle, a lancé un dispositif intitulé « Ménage au naturel » pour inciter ses habitants à fabriquer eux-mêmes les produits ménagers à l'aide d'ingrédients inoffensifs pour eux et l'environnement.

« L'idée est de ne pas culpabiliser le consommateur, poursuit Yves Lévi, mais d'expliquer qu'il faut qu'on change notre vie. » Surtout, le professeur en santé publique prévient : « il ne faut pas penser qu'en traitant l'eau, on aura résolu le problème. » Air, nourriture, cosmétique... les sources d'expositions à des molécules de synthèses plus ou moins toxiques sont nombreuses. Sans oublier les contenants alimentaires. Yves Lévi s'alarme en songeant à « tous ceux qui réchauffent leurs boîtes en plastique au four à micro-ondes ». Il évoque aussi le bisphénol S, qui remplace le A interdit dans les biberons en 2011 et dans les contenants alimentaires en 2015. Cette nouvelle molécule pose déjà question.