Boris Johnson assume un Brexit « sans conditions »

Publié dans le panorama le Jeudi 25 juillet 2019 à 05:43:06

© Dna, Jeudi le 25 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Royaume-Uni Investiture
Boris Johnson assume un Brexit « sans conditions »
« Le peuple est notre patron », a martelé le nouveau Premier ministre, promettant une fois de plus un Brexit le 31 octobre, avec ou sans accord. L'Europe a pris note, ferme sur ses lignes rouges.
 

 
Le nouveau Premier ministre reçu par la reine Elizabeth II à Buckingham Palace.
Ça y est ! Après une étape protocolaire chez la reine Elizabeth, Boris Johnson a pris possession mercredi du 10, Downing Street, résidence du Premier ministre britannique. Il en rêvait depuis toujours, mais le plus dur commence.
Le changement de style

Le contraste ne pouvait être plus marqué entre l'émotion contenue de la partante, Theresa May, et la flamboyance désordonnée de l'impétrant. Dans son premier discours, le nouveau Premier ministre a moqué « les sceptiques, les malheureux, les tristes » du Brexit, martelant son pupitre d'une main autoritaire.

Autre rupture, plus privée. Theresa May a fait ses adieux au côté de son époux Philip, « mon plus grand supporteur ». Boris Johnson a relégué sa compagne Carrie Symonds avec ses conseillers, et il est entré seul au 10 - il est vrai qu'elle l'avait bruyamment chassé de chez elle en pleine campagne.
Le Brexit « sans conditions »

« Nous allons remplir la promesse faite par le parlement au peuple et sortir de l'UE le 31 octobre, sans conditions », a redit Boris Johnson. Il a qualifié un retrait sans accord de « possibilité lointaine », pour mieux souligner que le Royaume-Uni s'y prépare.

« Les Britanniques en ont assez d'attendre », a-t-il insisté, forçant le trait populiste : « Mon travail est de vous servir, le peuple. Le peuple est notre patron. »
Les conservateurs divisés

Peu avant l'investiture, plusieurs ministres ont démissionné. Et d'abord le ministre des Finances Philip Hammond, qui portera comme député les inquiétudes de la City sur un Brexit dur.

Cela rappelle que Boris Johnson hérite de la majorité étriquée de Theresa May. Le leader du Labour Jeremy Corbyn reste en embuscade pour provoquer à la rentrée un vote de défiance.
Le continent inébranlé

« Nous allons travailler avec lui. Je pense qu'il est intelligent », a déclaré de Bruxelles Michel Barnier, négociateur du Brexit pour l'Union. Il a lui aussi montré ses muscles : « Le non à l'accord ne sera jamais le choix de l'UE, mais nous sommes prêts. »

Et le parlement européen a renchéri : « Une sortie ordonnée n'est possible que si les droits des citoyens, le règlement financier et le filet de sécurité (backstop)... sont garantis. »
99 jours

Boris Johnson a fait le compte : il reste 99 jours jusqu'au 31 octobre. Il va faire le tour des capitales européennes avant de retrouver le parlement britannique, qui rentre de vacances le 3 septembre. Fera-t-il mieux que Theresa May ? Autrement, c'est sûr.
Francis BROCHET