François de Rugy règle ses dîners et ses comptes

Publié dans le panorama le Mercredi 24 juillet 2019 à 06:28:06

© L'alsace, Mercredi le 24 Juillet 2019
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François de Rugy règle ses dîners et ses comptes
 

 
François de Rugy : « Il n'y a plus d'affaire Rugy, il y a une affaire Mediapart ». Photo Alain JOCAR/AFP
« Je me présente à vous en homme blanchi de toutes les accusations portées contre moi. Il n'y aurait pas dû avoir d'affaire Rugy. Maintenant il y a une affaire Mediapart »... L'ancien ministre est passé à la contre-attaque mardi soir dans le journal de 20 heures de France 2, ciblant le site d'information à l'origine des révélations sur des dîners fastueux et travaux luxueux. « Il y a un journalisme de démolition et Mediapart fait partie de ce type. Ils ne prennent pas un sujet mais une cible, la criblant de fléchettes. »

Il s'appuie sur les enquêtes publiées ce mardi. Évidemment, le site internet Mediapart n'en fait pas la même lecture dans de nouveaux articles. Ils s'expliqueront devant les tribunaux.
Trois dîners sur 12 à rembourser

Selon l'enquête des services de l'Assemblée, neuf dîners « ne posent pas de difficulté et ne sauraient être qualifiés de privés ». Trois dîners sont en revanche non conformes. François de Rugy s'est engagé à régler leur coût. Il s'agit des dîners de Noël 2017 et de celui de la Saint-Valentin 2018. Dans les deux cas « le menu festif dérogeait au niveau habituel des prestations d'un dîner de famille à l'Hôtel de Lassay », écrivent les rapporteurs. Il remboursera aussi un dîner rassemblant le couple Rugy et quatre invités aux « prestations nettement supérieures aux usages ». La note devrait tourner autour de 2000 euros.
Travaux conformes mais dressing cher

Diligentée pour passer au crible les travaux entrepris fin 2018 pour 64 523 euros à l'Hôtel de Roquelaure, résidence du ministre de la Transition écologique, l'inspection du gouvernement n'a relevé « aucune irrégularité imputable au ministre dans le respect des principes d'exemplarité et des règles de la commande publique ». Seule observation la « relative urgence » pour la réalisation d'un dressing sur mesure pour 17 000 euros.

Matignon a diffusé une nouvelle circulaire sur les travaux dans les logements de fonction des ministres : quand le montant est supérieur à 20 000 euros, ils devront être « soumis à l'approbation du secrétariat général du gouvernement ».
Les cotisations aux Verts

Selon Mediapart, en 2014 et 2015, François de Rugy aurait versé les cotisations (9 200 euros) à son parti EELV en puisant dans le compte spécifique d'indemnité de frais de mandat. Cette somme forfaitaire non imposable était alors versée aux parlementaires. Il a ensuite déduit ces cotisations de son impôt sur le revenu. L'ex-futur député de Loire-Atlantique (il retrouvera son siège fin août) a produit au Canard enchaîné des relevés bancaires montrant qu'il a reversé ces sommes de son compte personnel vers le compte IRFM qu'il a utilisé comme « avance de trésorerie ».