Communication Mulhouse : JCDecaux déploie des écrans digitaux

Publié dans le panorama le Mercredi 24 juillet 2019 à 06:21:11

© Dna, Mercredi le 24 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Communication  Mulhouse
Communication Mulhouse : JCDecaux déploie des écrans digitaux
JCDecaux achèvera bientôt de remplacer 30 de ses supports d'affichage papier mulhousiens par des écrans digitaux. C'est gratuit pour la Ville et celle-ci bénéficie à 75 % de ces outils de communication, fait valoir le groupe français.

 
Nicolas Phlippoteau, le directeur régional Alsace Franche-Comté de JCDecaux, Porte Jeune, avec un vélo du réseau VéloCité et devant l'un des 27 panneaux d'affichage à écran digital déjà déployés à Mulhouse (il y en aura 30 d'ici à la fin de l'année).
Si vous êtes mulhousien ou que vous fréquentez la ville, vous les avez probablement repérés, annonçant par exemple les réjouissances de l'été à Mulhouse (passage du Tour de France, festival Scènes de rue, etc.), vantant une marque de maillots de bain, un café ou une série diffusée sur TF1, rappelant l'existence du service « Allo proximité » de la Ville... On parle des écrans digitaux que JCDecaux a entrepris de déployer à Mulhouse. « On a commencé début 2018. Ça se fait petit à petit, il y en a actuellement 27 et on arrivera à 30 à la fin de l'année », indique Nicolas Phlippoteau, directeur régional Alsace-Franche-Comté du numéro 1 mondial de la communication extérieure, en précisant que ces panneaux d'affichage numérique ne viennent pas sur de nouveaux emplacements mais en remplacement de mobiliers urbains existants.
« Gratuit puisque financé par la publicité »

JCDecaux a des contrats avec de très nombreuses villes. Mais si ses mobiliers urbains - tout comme ses vélos en libre-service là où ils sont présents, comme à Mulhouse avec le réseau VéloCité (lire ci-dessous) - sont connus de tous, le groupe a longtemps eu une tradition de discrétion. « On a peut-être eu tort, parce que beaucoup de gens ne nous connaissent pas et ne connaissent pas le caractère vertueux de notre modèle ! », commente en souriant Nicolas Phlippoteau.

Ce modèle qu'il voit comme vertueux est resté le même depuis l'installation des tout premiers Abribus publicitaires que le fondateur, Jean-Claude Decaux, a installés à Lyon en 1964 : « Apporter un produit et un service à la collectivité et aux habitants gratuitement puisque c'est financé par la publicité qu'on vient mettre sur le mobilier », expose le directeur régional.
450 abris bus ou tram,200 sucettes, 75 panneaux de 8 m² et sept colonnes Morris

Dans l'agglomération mulhousienne, l'ensemble des quelque 450 abris du réseau de bus et tram sont ainsi dans le giron de JCDecaux. À Mulhouse intra-muros, l'entreprise a aussi un parc de près de 200 Mupi (mobiliers urbains d'information) - des sucettes, comme on dit en langage courant, dont la surface est d'environ 2 m² - et autour de 75 mobiliers grand format (8 m²), qu'elle appelle aussi « seniors », auxquels s'ajoutent sept colonnes Morris. « Et tout ça, c'est gratuit pour Mulhouse et pour M2A », insiste Nicolas Phlippoteau.

Avantage des sucettes pour la Ville : sur chacune d'elle, l'une des deux faces (autrement dit 50 % de la surface d'affichage) lui est réservée, l'autre étant dédiée à la publicité commerciale. « C'est un outil d'information pour la collectivité, comme son site internet, le magazine municipal, les réseaux sociaux... La collectivité peut communiquer sur des événements culturels, des travaux, donner des informations pratiques, etc. Et ça ne coûte rien aux contribuables », fait valoir le directeur régional de JCDecaux.

Cette possibilité d'affichage, poursuit-il, est encore renforcée avec les nouveaux panneaux à écrans digitaux. En effet, sur chacun d'eux, la Ville dispose non seulement d'une des deux faces, celle à affichage papier, comme sur une sucette classique, mais aussi de 50 % du temps sur l'écran LCD au verso, par tranches de dix secondes en alternance avec les annonceurs locaux ou nationaux qui achètent des campagnes de publicité sur les mobiliers JCDecaux. Autrement dit, 75 % des capacités d'affichage sont dévolues à la collectivité.
« Une réactivité top »

Autre atout de ce dispositif d'affichage numérique mis en avant par Nicolas Phlippoteau : « Sa réactivité, qui est top ! »

Et de développer : « Le service communication de la mairie de Mulhouse a la main sur l'outil. Il peut créer ses contenus, diffuser directement ses messages, choisir s'il le souhaite les emplacements... Il ne faut que quelques secondes pour qu'un message, une fois saisi, puisse apparaître sur les écrans. »

Après l'attentat de Strasbourg en décembre dernier, par exemple, la Ville a pu très vite exprimer sa solidarité : « Dès le lendemain, Mulhouse avait mis sur ses écrans #TousStrasbourgeois », illustre le directeur régional de JCDecaux, pour qui « aujourd'hui, cette réactivité dans la communication est indispensable ».
Textes : François FUCHS

L'Alsace s'en est fait l'écho, depuis le début de leur arrivée à Mulhouse, les panneaux digitaux de JCDecaux ont déjà suscité plusieurs actions de militants opposés à leur présence, y voyant « une invasion publicitaire » et pointant leur consommation en électricité. Et la dernière de ces actions est toute récente : le week-end passé, une grosse vingtaine de panneaux ont été recouverts de chutes de papier porteuses de divers messages (« Paris ville lumière, Mulhouse ville écrans », par exemple) ou citations, selon un communiqué diffusé ce lundi par le groupe local - fondé en septembre 2018 - de l'association Résistance à l'agression publicitaire (Rap).

Nicolas Phlippoteau assure de son côté que tout est fait pour limiter l'impact écologique de ces équipements. « On maîtrise tout le cycle de vie de nos produits, de la conception jusqu'à la fin de vie avec le recyclage. Et notre bureau d'études est en perpétuelle recherche pour les améliorer et diminuer au maximum leur consommation », argumente-t-il, indiquant aussi que JCDecaux achète des certificats d'énergie verte pour couvrir sa consommation par des sources de production d'électricité renouvelables. « 65 % de la consommation électrique de nos mobiliers en France sont déjà couverts par cette énergie verte et notre objectif est de parvenir à 100 % d'ici à 2022. »

Autre précision apportée par le directeur Alsace-Franche-Comté de JCDecaux sur les nouveaux panneaux digitaux mulhousiens : « Nos écrans LCD, dont le rendu est vraiment top, s'adaptent à la luminosité extérieure. Quand il fait plus sombre en journée ou le soir, leur luminosité diminue. Forcément, ça a un impact sur la consommation. Et on éteint nos mobiliers la nuit entre 1 h et 6 h, ce qui n'est pas une obligation mais un vrai choix de notre part. »

Nicolas Phlippoteau relève encore que tous les mobiliers JCDecaux sont nettoyés à l'eau de pluie. « On a des récupérateurs dans nos agences. » Et le directeur régional évoque enfin l'aspect paysager : « Nos mobiliers sont conçus dans le plus grand respect de l'esthétique et pour avoir une intégration parfaite dans la ville. On travaille avec les plus grands designers, comme Norman Foster, Jean-Michel Wilmotte... »