Le secrétaire d'État à l'écoute d'adolescents en foyer

Publié dans le panorama le Mardi 23 juillet 2019 à 05:51:02

© L'alsace, Mardi le 23 Juillet 2019
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Le secrétaire d'État à l'écoute d'adolescents en foyer
 

 
Inès, 18 ans, a retracé son parcours à Adrien Taquet (à gauche). « J'ai eu d'autres éduc' avec qui ça s'est mal passé, raconte-t-elle. C'était dur d'accorder de nouveau ma confiance. Mais les gens du Lieu ne m'ont jamais lâchée. » Photo L'Alsace /Vincent VOEGTLIN
« Je suis très soucieux quant au sujet de la prostitution infantile. Je voudrais connaître votre sentiment : avez-vous les moyens ici de faire face ? »

Arrivé à Mulhouse le matin même, Adrien Taquet a échangé sans langue de bois avec différents représentants des services sociaux, en présence, entre autres, de Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, et du député Bruno Fuchs. Un moyen pour le secrétaire d'État à la protection de l'Enfance de saisir les réalités du terrain et les besoins des différentes structures.

Première étape, le foyer d'actions éducatives René-Cayet. Une trentaine de garçons, âgés de 14 à 18 ans, y sont hébergés en raison de difficultés familiales et personnelles. Adrien Taquet y a entendu le témoignage de familles bénéficiant de l'aide d'un autre foyer, celui des Hirondelles.
« On a besoin du foyer »

« On a besoin du foyer, témoigne Sandrine Chevalier, une mère de famille. C'est un réel soutien pour nous, ça permet d'avoir un échange avec une équipe pluridisciplinaire. Je sais que je peux téléphoner, que j'ai un recours en cas de crise. Parce qu'à force, en tant que parent, on s'essouffle. » Une vision partagée par René Bandol, président de l'Arsea (Association régionale spécialisée d'action sociale d'éducation et d'animation), qui a tenu à saluer le travail des éducateurs spécialisés, « une profession à revaloriser », a-t-il glissé.

Autre foyer, autre ambiance, mais l'objectif lui reste inchangé : créer du lien avec des enfants en détresse. L'association Le Lieu prend en charge les dossiers les plus délicats, adolescents fugueurs parfois victimes de prostitution infantile. Le directeur, Sébastien Castells, détaille au secrétaire d'État les procédures en place pour aider ces jeunes en détresse à « retrouver confiance en eux-mêmes » et « cesser leur errance ».

Inès, qui a fêté tout récemment ses 18 ans, peut en attester. « C'est encore difficile pour moi de faire des projets. L'essentiel pour le moment c'est que j'ai retrouvé une certaine stabilité », raconte-t-elle. « Quand ils deviennent majeurs, le suivi s'étiole, faute de budget. Pourtant, il leur reste souvent beaucoup de chemin à parcourir », déplore le directeur.

Sur les coups de midi, Adrien Taquet a poursuivi sa visite vers le Bas-Rhin (lire encadré), en témoignant de son respect, mais sans faire de promesses.
Marie DEDEBAN