L'écotaxe alsacienne fait tousser Moselle et Meurthe-et-Moselle

Publié dans le panorama le Mardi 23 juillet 2019 à 05:50:24

© Dna, Mardi le 23 Juillet 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

LORRAINE Politique
L'écotaxe alsacienne fait tousser Moselle et Meurthe-et-Moselle
La future collectivité européenne d'Alsace ne verra le jour que le 1er janvier 2021, mais elle divise en Lorraine. Mathieu Klein et Patrick Weiten demandent que la Région Grand Est reprenne la main sur l'affaire de l'écotaxe sur le transit marchandises, dont les Alsaciens pourraient seuls bénéficier.
 

 
Patrick Weiten, président DVD du conseil départemental de Moselle (à g.) et Mathieu Klein, président PS du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle réclament les mêmes compétences que la future Alsace, au nom de l'équité des territoires.
« Non à une région Grand Est à deux vitesses. » Mathieu Klein (PS) est en colère. Le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a fait de cette phrase le titre "rageur" de son communiqué commentant le projet de loi relatif aux compétences de la future Collectivité européenne d'Alsace (CEA). La fusion du Haut et du Bas-Rhin en un super département aux compétences élargies n'en finit plus de créer des remous en Lorraine. Députés et sénateurs de la commission mixte paritaire ont trouvé, le 11 juillet, un terrain d'entente sur ce texte qui ne devrait plus évoluer. Il sera ratifié mardi au Sénat, puis par l'Assemblée nationale.

Il autorise, notamment, le gouvernement à mettre en place par ordonnance une écotaxe sur le territoire alsacien. « Cette possibilité aura comme première conséquence un report massif du trafic routier de marchandises vers un sillon lorrain déjà saturé », dénonce Mathieu Klein. Plusieurs sénateurs s'en étaient déjà émus. « C'est pour cette raison que je voterai contre », appuie François Grosdidier (LR). En première lecture, avec d'autres sénateurs lorrains, il avait réussi à faire passer un amendement pour étendre cette écotaxe à la Lorraine. Il a été balayé par l'Assemblée nationale.
« Une écotaxe n'a de sens qu'à l'échelle régionale »

Mathieu Klein en appelle à Jean Rottner, le président LR de la Région Grand Est : « Il doit se mobiliser sur ce sujet et prendre une position ferme sur ce projet qui ne peut concerner qu'une seule partie de son territoire. » Patrick Weiten (DVD), son alter ego mosellan, tient le même discours : « Une écotaxe n'a de sens qu'à l'échelle régionale. La mobilité ne se joue pas à la seule dimension alsacienne. Le transit doit être examiné de manière globale et seul le Grand Est peut le faire. » Le dossier s'annonce épineux pour Jean Rottner, qui sait l'équilibre de sa région très fragile. Le nouveau statut alsacien possède en lui tous les ingrédients pour faire exploser le Grand Est.

Car au-delà de l'écotaxe, les deux présidents départementaux réclament, « au nom de l'équité des territoires », les mêmes compétences que celles promises à l'Alsace et qui tournent autour de la coopération transfrontalière et du bilinguisme. « Il faut agir vite. Il en va du devenir des institutions de proximité », estime Patrick Weiten. Il mise sur la future loi de modification de la Constitution pour y faire inscrire ce droit à la différenciation pour son département. Mathieu Klein, chantre d'un super département lorrain, a une vision plus large. « Un département ne peut y aller seul. Les politiques publiques doivent se construire à l'échelle des bassins de vie. » Mais ils se rejoignent sur le fond : « Ce qui est bon pour l'Alsace doit aussi l'être pour la Lorraine. »
Philippe MARQUE