« Non, la France n'est pas antisémite »

Publié dans le panorama le Lundi 22 juillet 2019 à 05:45:46

© Dna, Lundi le 22 Juillet 2019
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STRASBOURG Commémoration de la rafle du Vél d'Hiv
« Non, la France n'est pas antisémite »
La journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France a été commémorée dimanche matin à Strasbourg. Soixante-dix-sept ans après la rafle du Vél d'Hiv.
 

 
Accompagnée de deux arrière-petits-enfants de déportés, la sous-préfète de Molsheim Sandrine Anstett-Rogron a déposé une gerbe.
Environ 150 personnes, essentiellement de confession juive, se sont rassemblées dimanche matin devant la place des Halles à Strasbourg, à l'emplacement de l'ancienne synagogue incendiée par les nazis en 1940 puis rasée.

En ce 77e anniversaire de la rafle du Vélodrome d'Hiver, elles ont salué la mémoire des 13 152 juifs, dont près d'un tiers d'enfants, arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 par les policiers et gendarmes français à Paris et en banlieue, avant d'être envoyés à Auschwitz. Elles ont également rendu hommage aux citoyens qui ont choisi de protéger et de cacher des innocents persécutés. « Aujourd'hui, nous songeons à tous ces Justes avec fierté, a dit Francis Moses, délégué adjoint du Crif Alsace. Non, la France n'est pas antisémite, mais il y a bien un antisémitisme virulent en France, c'est l'antisionisme, son nouveau masque tendance qui se propage dans les cours d'école et dans certaines élites bobos. »
« Développer une pensée structurée, tolérante, intelligente »

« Malheureusement ces derniers mois ont été particulièrement violents, pas seulement pour la communauté juive », a ajouté le grand rabbin du Bas-Rhin Harold Weill, appelant à continuer à véhiculer les valeurs de tolérance et d'ouverture enseignées à la grande synagogue de la Paix.

« Développer une pensée structurée, tolérante, intelligente » : c'est aussi ce qui a animé les élèves de 3e 4 du collège André-Maurois de Bischwiller, récents lauréats du premier prix départemental du Concours national de la résistance et de la déportation grâce à leur film documentaire. Invité à prendre la parole, un de leurs professeurs s'est réjoui que les adolescents soient désormais armés intellectuellement pour contrer les idées révisionnistes et conspirationnistes qui se propagent notamment sur internet.
Antoine BONIN